Le bézafibrate efficace sur la cholangite biliaire primitive

  • Corpechot C & al.
  • N Engl J Med
  • 7 juin 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Dans la cholangite biliaire primitive présentant une réponse partielle à l’acide ursodésoxycholique (AUDC), l’adjonction d’un traitement par bézafibrate 400 mg/jour permet d’obtenir plus fréquemment une réponse biochimique complète (taux normal de PAL, ASAT, ALAT, bilirubine totale, albumine et index de prothrombine normal) que celle obtenue sous AUDC seul (31% vs 0% à 24 mois), avec une amélioration associée du prurit, de la fatigue et de la fibrose hépatique.
  • Dans cette étude française, baptisée BEZURSO, l’hypertension portale et un taux élevé de phosphatases alcalines à l’inclusion constituaient des facteurs prédictifs d’échec du traitement.
  • De nouvelles études cliniques randomisées rassemblant un plus large effectif sont désormais nécessaires et permettront, avec un plus long suivi, d’évaluer le bénéfice du bézafibrate sur le recours à la transplantation ou sur le risque de décès.

Pourquoi cette étude a-t-elle été conduite ?

La cholangite biliaire primitive est une maladie progressive du foie rare mais qui touche plus volontiers les femmes après 30 ans. Elle se manifeste par une destruction des petits canaux biliaires intrahépatiques, une cholestase chronique, un prurit et un risque d’évolution vers la cirrhose et l’insuffisance hépatique. Le traitement par acide ursodésoxycholique n’offre souvent qu’une réponse partielle. Après de premières données suggérant l’efficacité du bézafibrate, un hypolipémiant agoniste des PPAR, il était nécessaire de conduire une étude clinique randomisée de bonne facture.

Méthodologie

L’étude BEZURSO a été conduite dans 21 centres français entre septembre 2012 et décembre 2014. Elle a inclus des sujets de 18 ans ou plus qui présentaient une cholangite biliaire primitive répondant mal au traitement par acide ursodésoxycholique seul qui étaient randomisés (1:1) entre l’adjonction du bézafibrate 400 mg/j ou un placebo durant 24 mois.

Principaux résultats

  • Au total, 100 patients ont été recrutés et randomisés entre le bézafibrate et un placebo (95% de femmes, 53 ans d’âge moyen, prurit cliniquement significatif pour 40%), dont 48 et 44 ont respectivement terminé l’étude.
  • À 24 mois, la réponse biochimique complète (critère principal d’évaluation) a été atteinte pour 31% des patients, contre 0% des sujets sous placebo. Pris isolément, le taux de PAL a diminué dès 3 mois de suivi sous bézafibrate et restait inférieur à la limite supérieure de la normale à 24 mois à l’inverse des sujets sous placebo (-60% vs 0% par rapport à l’inclusion). Les taux de gamma-glutamyltransférase et d’ALAT diminuaient aussi progressivement sous traitement pour atteindre respectivement -60% et -36% de la valeur initiale vs +7% et 0% dans le groupe placebo.
  • Par rapport à l’inclusion, le taux de bilirubine total diminuait de 14% et de 18% dans les groupes bézafibrate et placebo respectivement par rapport à l’inclusion.
  • Une amélioration du prurit, de la fatigue et des marqueurs de la fonction hépatique a aussi été observée sous traitement versus placebo.

Financement

L’étude a été financée par un Programme Hospitalier de Recherche Clinique et par Arrow Génériques.