L’atteinte des organes cibles débute à l’adolescence

  • Price JJ & al.
  • Pediatrics

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude s’est penchée sur les liens entre le nombre de facteurs de risque cardiovasculaire chez l’adolescent et différents biomarqueurs évocateurs d’une atteinte des organes cibles. Elle montre que malgré une bonne santé apparente, différentes constantes sont associées à une altération potentiellement délétère à long terme.

  • Ces données suggèrent que l’atteinte des organes cibles de l’adulte pourrait débuter dès l’enfance lorsque des facteurs de risque existent, malgré une relative bonne santé apparente. Autant d’arguments soutenant l’idée d’un dépistage plus offensif et une réflexion sur la prise en charge hygiénodiététique, voire pharmacologique précoce si nécessaire.

Pourquoi est-ce important ?

On connaît l’impact délétère du syndrome métabolique sur les organes cibles de l’adulte. En revanche, son influence sur la fonction cardiovasculaire des jeunes est moins largement étudiée ou connue, étant donné que ces sujets sont le plus souvent en bonne santé apparente.

Il était donc intéressant de conduire une étude large qui permette d’apprécier en quoi le syndrome métabolique infraclinique conduit à l’atteinte des organes cibles chez l’adolescent.

Méthodologie

Cette analyse a été conduite à partir des données de l’étude transversale SHIP AHOY (Study of High Blood Pressure in Pediatrics, Adult Hypertension Onset in Youth) conduite précédemment. Elle avait recruté des jeunes de 11 à 18 ans en bonne santé, dont la pression artérielle se situait entre le 75e et le 95e percentile. L’atteinte des organes cibles était menée par un ensemble d’investigations (doppler, ECG, …). En l'absence de consensus sur la définition du syndrome métabolique chez les adolescents, les auteurs ont conduit l’analyse en fonction du nombre de facteurs de risque cardiovasculaire (FDRCV) présents : hypertension artérielle (PAS 95e percentile ajusté sur l’âge et le sexe ou >130 mmHg chez les 13 ans, obésité (IMC 95e percentile ajusté sur l'âge et le sexe), dyslipidémie (LDL 155 mg/dL et/ou triglycérides/HDL 3) et insulinorésistance (HOMA-IR 2,5).

Principaux résultats

L’étude a inclus 379 adolescents (âge moyen 15,5 ans, 60% de garçons) qui ont été stratifiés selon le nombre de FDRCV : 0 (n=90), 1 ou 2 (n=182) et plus de 2 (n=113).

Le nombre de marqueurs suggérant une atteinte des organes cibles augmentait avec le nombre de FDRCV : en effet, ce dernier était associé à l'augmentation de la masse du ventricule gauche, l'augmentation de la vitesse de l'onde de pouls, la diminution du pic de strain longitudinal, le rapport albumine/créatine dans l'urine et les paramètres échocardiographiques évocateurs d’une dysfonction diastolique. Il existait des différences statistiques entre les trois groupes (dysfonction diastolique, pourcentage de déformation longitudinale maximale…).

La dyslipidémie et l'insulinorésistance étaient indépendamment associées aux marqueurs de dysfonction diastolique (P<0,05), tandis que l'augmentation de la pression artérielle était associée à tous les marqueurs de dommages aux organes cibles (P<0,03). L'âge, le sexe, la fréquence cardiaque, le rapport triglycérides/HDL, le taux d'acide urique et de la protéine C-réactive variaient aussi significativement selon le nombre de FDRCV