L’anticoagulant peut raisonnablement être arrêté à 3 mois après une thrombose liée aux contraceptifs

  • Abdulrehman J & al.
  • Br J Haematol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Selon une méta-analyse, le risque de récidive d’ETEV (événement thromboembolique veineux) après arrêt d’un traitement de 3 mois par anticoagulant est significativement plus faible pour les femmes dont l’évènement initial était associé à la contraception hormonale par rapport à celles chez lesquelles cet évènement n’y était pas associé. Le taux poolé de récidive, mis en regard avec le risque d’hémorragie liée aux anticoagulants tel que rapporté dans la littérature, plaide en faveur de l’arrêt du traitement de prévention secondaire pour la plupart des femmes, même si le risque individuel doit être systématiquement considéré.
  • Parmi les limites de l’étude figure l’absence d’une évaluation du risque ajusté sur l’âge, car les études incluses dans la méta-analyse ne rapportaient pas systématiquement l’information.

Pourquoi est-ce important ?

Les contraceptifs oraux combinés (COC) sont associés à un risque accru d’ETEV, qui sont pris en charge et traités par des anticoagulants. Après un évènement thromboembolique veineux (ETEV), il est recommandé d'arrêter l'anticoagulant après trois mois chez les personnes ayant un faible risque de récidive, et de le poursuivre en cas de risque élevé, comme c’est le cas pour un ETEV non lié à un contraceptif oral. Or, le risque de récidive d’un ETEV après arrêt de l’anticoagulant n’était pas clairement établi jusqu’à présent, les études disponibles sur le sujet - hétérogènes et limitées par la taille de leurs effectifs - décrivant des résultats contradictoires. Cette méta-analyse permet de répondre plus précisément au risque encouru par ces femmes.

Méthodologie

La méta-analyse a été menée à partir des études issues d’une revue de la littérature visant à inclure des études ayant évalué la récidive d’un ETEV (embolie pulmonaire, thromboses veineuses profonde, cérébrale ou splanchnique,) initialement associé à une contraception hormonale ou non associé, après arrêt d’un traitement de 3 mois par anticoagulant.

Principaux résultats

Au total, 19 études (faible risque de biais) ont été prises en compte, soit 1.537 femmes ayant eu un ETEV lié à la contraception (5.828 années-personnes de suivi) et 1.974 femmes dont l’ETEV ne l’était pas (7.798 années-personnes de suivi).

Le taux d'incidence poolé de récidive d'ETEV était de 1,22 [0,92-1,62] et de de 3,89 [2,93-5,17] pour 100 années-personnes respectivement pour les femmes dont l’évènement était ou non lié à la contraception. Parmi les femmes dont l’ETEV n’était pas lié à une contraception, le risque était plus faible dans deux sous-groupes : les femmes à faible risque (2,79/100 personnes-années[1,61-4,83]) et celles de moins de 50 ans (2,87 pour 100 personnes-années [1,90-4,35]).

Le rapport des taux d'incidence était de 0,34 [0,26-0,46] pour les femmes ayant eu un ETEV initialement associé aux contraceptifs versus celles ayant eu un ETEV non lié. Les analyses en sous-groupe concluent au même constat pour les femmes ayant eu un ETEV lié aux oestrogènes seuls ou celles à faible risque de récidive. Le sous-groupe des moins de 50 ans avait un rapport de taux d'incidence plus élevé (0,51 [0,24-1,06]).

La nature des études disponibles n’a pas permis de calculer une comparaison groupée ajustée pour l'âge