L’alirocumab stabiliserait la plaque d’athérome

  • Räber L & al.
  • JAMA

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Il est aujourd’hui admis que les statines réduisent les événements cardiovasculaires en prévention secondaire post-SCA. L’association d’un inhibiteur de la pro-protéine convertase subtilisine/kexine de type 9 (anti-PCSK9) permet d’améliorer la réduction du LDL-c chez ceux qui ne sont pas normalisés sous statines. Par ailleurs, la composition des plaques d'athérome influence leur probabilité d’évolution ou de rupture, notamment une importante charge athérosclérotique, une composition élevée en lipides ou encore une capsule fibreuse fine. L’influence des anti-PCSK9 sur ces paramètres étant mal connue, il était intéressant de conduire une étude dédiée pour mieux caractériser l’effet de l’alirocumab.

Méthodologie

PACMAN-AMI (Effects of the PCSK9 Antibody Alirocumab on Coronary Atherosclerosis in Patients With Acute Myocardial Infarction) est une étude randomisée multicentrique dans laquelle des patients adultes ayant bénéficié d’une intervention coronarienne percutanée (ICP) post- SCA (infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST (STEMI) ou sans sus-décalage du segment ST (NSTEMI) ont été randomisés entre un traitement par alirocumab 150 mg SC ou un placebo 2 fois par semaine pendant 52 semaines, en association à une statine forte dose.

L’étude visait à comparer les résultats à 1 an de trois examens d’imagerie par rapport à l’inclusion : l’échographie endovasculaire (IVUS) (volume de la plaque, critère principal d’évaluation), la spectroscopie proche-infrarouge et la tomographie de cohérence optique (OCT) dans les deux artères coronaires indemnes (charge lipidique et épaisseur de la capsule fibreuse, critères secondaires).

Résultats

Au total, 300 patients ont été inclus et randomisés (âge moyen 58,5 ans, 81,3 % d’hommes, 52,7 % de STEMI). Parmi eux, 265 patients ont bénéficié des trois examens d’imagerie, pour 2,1 artères en moyenne, soit 537 artères.

À l’issue du suivi, le taux moyen de LDL-c était de 74,4 mg/dL dans le groupe placebo et de 23,6 mg/dL dans le groupe alirocumab, versus 152,8 mg/dL à l’inclusion. soit une diminution supérieure dans le groupe anti-PCSK9 (différence entre les groupes -54,7 mg/dL, p< 0,001). Par ailleurs, les patients sous alirocumab avaient des taux de triglycérides, de lipoprotéine(a) et d'apolipoprotéine B significativement améliorés versus placebo.

À 52 semaines, le volume moyen des plaques était réduit de -2,13% sous alirocumab vs -0,92% sous placebo (différence de -1,21% [-1,78% à -0,65%], p<0,001). L'indice de charge lipidique maximal était également plus largement réduit sous alirocumab (-79,42 vs -37,60, soit une différence de -41,24 [-70,71 à -11,77], p=0,006). Enfin, l'épaisseur minimale de la capsule fibreuse était de 62,67 μm et 33,19 μm respectivement (différence 29,65 μm [11,75-47,55], p=0,001).

Sur le plan de la tolérance 70,7% et 72,8% des patients sous alirocumab ou placebo respectivement avaient eu des événements indésirables, sans différence significative particulière.

Financement

Cette étude a été sponsorisée par Sanofi, Regeneron et Infraredx.