Laits maternisés : privilégier ceux supplémentés en DHA et en ARA


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Présents naturellement dans le lait maternel, l’acide docosahexaenoïque (DHA – oméga 3) et l’acide arachidonique (ARA – oméga 6) sont essentiels au développement cérébral et rétinien du nouveau-né. Leur apport est recommandé dans les laits maternisés (ANSES), sachant que la seule supplémentation en DHA est inefficace : elle doit être couplée avec celle en ARA. Pourtant, les effets à long terme de cette supplémentation sur la maturation cérébrale sont encore controversés.

Une équipe française (INRA, Université Aix Marseille, Lactalis Recherche et Développement) s’est penchée sur le problème en utilisant un modèle murin. Des souriceaux ont été alimentés soit par allaitement maternel, soit avec du lait dont les compositions en DHA et ARA sont similaires à celles des laits maternisés commercialisés en Europe. Les lipides de ces laits ont une provenance soit végétale, soit végétale et laitière. Certains ne comportent pas de DHA et ARA en quantités suffisantes pour imiter le lait maternel.

Au sevrage, l’activité cérébrale des souriceaux a été évaluée par PET-scan ( positron emission tomography ), la composition de leur cerveau et de leur rétine en lipides et acides gras l’a été par des techniques de lipidomique et la répartition du DHA et de l’ARA dans leur cerveau a été mesurée par spectrométrie de masse.

Seuls les souriceaux ayant été nourris avec du lait maternisé dont la composition en DHA et en ARA est similaire à celle du lait maternel avaient une activité cérébrale comparable à celle des souriceaux allaités par leur mère. La composition en DHA de leur cerveau et de leur rétine était également comparable. La répartition intracérébrale des deux acides gras étudiés variait avec l’origine de la supplémentation lipidique (végétale seule ou un mélange d’apport végétal et laitier). Mais des travaux supplémentaires sont nécessaires pour en évaluer l’impact réel.

Quoiqu’il en soit, les résultats de cette étude sont un argument fort pour une supplémentation en DHA et ARA dans les laits maternisés assurant un apport identique à celui du lait maternel pour ces deux acides gras. Pour mémoire, chez l’adulte l’apport de ces deux acides gras est assuré majoritairement par les poissons gras pour le DHA et par les œufs et les produits carnés pour l’ARA.