La vitesse de marche comme facteur prédictif dynamique du risque de chute chez le sujet âgé

  • Piau A & al.
  • J Gerontol A Biol Sci Med Sci
  • 16 mai 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez des sujets âgés vivant de façon autonome à leur domicile et sans pathologie lourde ni démence, l’analyse de données issues de capteurs embarqués permet de déceler une réduction de la vitesse de marche moyenne dans les semaines précédant la chute, suggérant que ce paramètre constitue un marqueur prédictif facilement mesurable et sensible du risque de chute, alors que les données cliniques seules apparaissent peu discriminantes. La variabilité intrapersonnelle de la vitesse de marche mesurée d’un jour sur l’autre 3 mois avant la chute, apparaît aussi comme un marqueur prédictif indépendant. Pour expliquer ces résultats, les auteurs font l’hypothèse que cette variabilité pourrait refléter des difficultés de régulation des automatismes de la marche et une fragilité accrue susceptibles d’amener à la chute. Ces différents éléments devraient prochainement faire l’objet d’une étude prospective de surveillance de la marche en temps réel dans l’objectif de prévenir les chutes par des interventions de prévention rapides.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Chez les sujets âgés vivant à leur domicile, les chutes sont l’une des principales causes de décès et de handicap. Si plusieurs outils cliniques sont capables de déterminer les sujets à risque, ils manquent souvent de précision et ne permettent pas de prédire quand aura lieu la chute. Par ailleurs, le risque évoluant avec le temps, il serait utile de posséder un outil dynamique capable de déceler une augmentation du risque de façon à prévenir les familles et à permettre des interventions efficaces. Des chercheurs franco-américains ont évalué la vitesse de marche comme un signe vital susceptible de se modifier dans les jours précédant la chute et d’en prédire la survenue.

Méthodologie 

Cette étude a été réalisée à partir des données continues de capteurs embarqués posés chez les sujets âgés vivant de façon autonome à leur domicile, avec des pathologies chroniques absentes ou bien contrôlées. Ces données étaient issues de deux cohortes longitudinales : ORCATECH Living Laboratory study (sujets d’au moins 60 ans), et ISAAC (Intelligent Systems for Assessing Aging Change, sujets d’au moins 80 ans).

Résultats 

  • Les données quotidiennes de vitesse de marche et les chutes autorapportées par questionnaire hebdomadaire ont été collectées auprès de 125 participants sur une durée de suivi de 2,7 ans.
  • Au cours de cette période, 55 sujets âgés ont chuté (première chute prise en compte en cas de chutes multiples) et les 70 autres ont servi de sujets contrôles. Aucune différence clinique n’est apparue de façon significative entre les sujets chuteurs et non chuteurs 3 mois avant l’événement.
  • En revanche, les données collectées au cours des 3 mois précédant la chute ont montré qu’un déclin significatif de la vitesse de marche apparaissait comparativement aux sujets contrôles (p
  • Par ailleurs, la variabilité intrapersonnelle de la vitesse de marche (mais pas le nombre de pas quotidien) mesurée d’un jour sur l’autre 3 mois avant la chute était plus importante qu’à un mois ou qu’à une semaine avant la chute dans le groupe des chuteurs (p

Limites

La vitesse de marche a été mesurée uniquement chez des personnes non démentes vivant seules chez elles et à l’intérieur du domicile donc sur de courtes distances et sans grandes difficultés de parcours.

La population étudiée était majoritairement d’origine caucasienne, disposait d’un bon niveau d’éducation et était familiarisée avec l’usage de l’informatique, ce qui limite la généralisation des résultats.