La vitamine D diminue-t-elle le risque de cancer métastatique ou fatal ?

  • Chandler PD & al.
  • JAMA Netw Open
  • 2 nov. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude VITAL a exploré l’impact de la supplémentation en vitamine D et oméga-3 sur la réduction de l’incidence des cancers métastatiques/fatals en fonction de l’IMC. Les analyses secondaires de cet essai montrent que la supplémentation en vitamine D3 à raison de 2.000 UI/j sur une période médiane de 5,3 ans réduirait le risque de cancer métastatique ou fatal de 17%, chez des sujets sans cancer à l’inclusion. Le bénéfice est important chez les sujets de poids normal, et absent en cas de surpoids ou obésité. Les taux initiaux de 25(OH)D sériques ne modifiaient pas l’effet constaté. Ces données issues de résultats secondaires, devront être confirmées.

Pourquoi ces résultats sont importants ?

Des données de laboratoire et sur animal ont montré que la vitamine D pouvait inhiber la carcinogenèse et ralentir la progression tumorale par différents effets (anti-tumoraux, anti-inflammatoires, immunomodulateurs, antiangiogéniques, apoptotiques), ainsi que la dissémination métastatique. En revanche, aucun essai clinique randomisé n’avait exploré l’intérêt d’une telle supplémentation sur la survenue de cancers avancés ou fatals. Les premiers résultats de l’essai VITAL n’avaient pas montré de différence significative entre les différents bras de traitement en ce qui concerne l’incidence des cancers ou la mortalité par cancer. Les auteurs ont souhaité mener des analyses complémentaires spécifiquement sur l’incidence de cancers avancés ou fatals.

Méthodologie

VITAL est un essai multicentrique, randomisé, mené en double aveugle et contrôlé versus placebo suivant un plan factoriel 2x2. Les patients recevaient de la vitamine D3 (cholécalciférol, 2.000 UI/j) et des acides gras omega-3 (1g/jour). Les patients inclus étaient des hommes âgés de 50 ans et plus et des femmes de 55 ans et plus sans cancer ni maladie cardiovasculaire à l’inclusion.

Principaux résultats

Cette étude a inclus 25.871 individus (51% de femmes, âge moyen 67,1 ans, IMC moyen 28,1 kg/m2). Au cours du suivi médian de 5,3 ans, 1.617 cancers invasifs ont été diagnostiqués au sein de la cohorte suivie. Aucune différence d’incidence de cancer n’a été mise en évidence quel que soit le bras de traitement.

Une réduction significative du risque de cancer métastatique ou fatal de 17% a été notée dans le groupe traité par vitamine D (1,7% versus 2,1%, soit un hasard ratio de 0,83 [0,69-0,99], p=0,04).

Cette tendance était confirmée chez les sujets qui avaient un IMC 2 (diminution de 38% du risque de cancer métastatique ou fatal), mais pas chez les sujets en surpoids ou obèses. L’adiposité peut contribuer à modifier la biodisponibilité de la vitamine D, et les doses peuvent ne pas avoir été suffisantes chez ces sujets.