La ventilation au ballon-masque a-t-elle réellement un intérêt avant l’intubation ?

  • Casey JD & al.
  • N Engl J Med
  • 28 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude publiée dans The New England Journal of Medicine et ayant évalué l’intérêt d’une ventilation au ballon-masque entre l’induction et la laryngoscopie montrent que les patients qui en bénéficient ont une meilleure saturation en oxygène (différence de 3,9 points de pourcentages) et une incidence significativement plus faible d’hypoxies sévères (différence de 12 points de pourcentages) par rapport aux patients qui ne bénéficient pas de cette ventilation. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

En soins d'urgence, l’hypoxie est la complication la plus fréquente lors de l’intubation trachéale et peut augmenter le risque d’arrêt cardiaque et de décès. Le bénéfice de la ventilation à pression positive grâce à un ballon-masque qui pourrait prévenir le risque d’hypoxie sans augmenter le risque d’inhalation gastrique ou oropharyngée est largement débattue depuis plusieurs décennies. Ainsi, certaines recommandations préconisent chez tous les patients (dont ceux initialement en hypoxie) l’usage du masque de ventilation durant l’intervalle entre l’administration des traitements sédatifs facilitant l’introduction de laryngoscopie (phase d’induction) et la laryngoscopie, alors que d’autres recommandations ne le préconisent qu’en cas d’hypoxie. De fait, les résultats de cette étude sont intéressants pour prendre un peu de recul sur ces positions.

Méthodologie

L’étude PreVent (Preventing Hypoxemia with Manual Ventilation during Endotracheal Intubation) est une étude multicentrique, menée en ouvert, en groupes parallèles. Les individus admis en unité de soins intensifs américains et devant subir une intubation ont été randomisés (1:1) pour recevoir ou non une ventilation par ballon-masque durant l’intervalle entre l’induction et la laryngoscopie.

Principaux résultats

Sur les 401 individus inclus dans les analyses (âge médian 60 ans), environ 50% des sujets avaient un sepsis ou un choc septique, et environ 60% une détresse respiratoire avec hypoxie nécessitant une intubation trachéale.

La différence de taux médian de saturation le plus faible était en faveur du groupe n’ayant pas bénéficié de ventilation par ballon-masque : 96% dans le groupe ventilation au masque et 93% dans l’autres groupe (p=0,01). 

Le risque d’hypoxie sévère était diminué de 52% dans le groupe ayant bénéficié de la ventilation au ballon-masque avant laryngoscopie : risque relatif 0,48 [0,30-0,77], avec 10,9% d’hypoxie sévère dans le groupe ventilation et 22,8% dans le groupe n’ayant pas bénéficié d’une ventilation au préalable. 

Le recours à l’aspiration des sécrétions n’était pas significativement différente entre les deux groupes (p=0,41) : réalisée dans 2,5% des cas de ventilation au ballon-masque et dans 4,0% des cas dans l’autre groupe. 

Principales limitations

Cet essai n’a pas pu être mené en double aveugle compte tenu de sa nature.