La variabilité de la pression artérielle comme facteur de risque à part entière de maladie des petits vaisseaux

  • Tully PJ & al.
  • J Am Heart Assoc
  • 7 janv. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une revue et méta-analyse australienne, une variabilité intra-individuelle plus élevée de la pression artérielle, systolique comme diastolique, est associée à un risque plus important de maladie des petits vaisseaux.
  • Cette association apparaît indépendante de la pression artérielle moyenne, mais le niveau de preuve est bas.
  • Au plan clinique, ces résultats incitent à une surveillance de la pression artérielle, ainsi qu’à privilégier des antihypertenseurs qui limitent cette variabilité chez les sujets à risque de maladie des petits vaisseaux.

 

La maladie de petits vaisseaux (MDPV) est associée à une augmentation du risque d’AVC, de démence, de dépression et de mortalité. Aussi, la recherche et la prévention des facteurs de risque modifiables revêt-elle un caractère essentiel. Parmi eux, l’hypertension artérielle apparaît au premier plan, mais l’inconstance des résultats des essais contrôlés randomisés réalisés sur le sujet laisse à penser que d’autres facteurs que la valeur moyenne de la PA ou que la valeur cible thérapeutique pourraient jouer un rôle, et notamment les oscillations intra-individuelles de la PA (ou variabilité de la PA).

Caractériser l’association entre variabilité de la pression artérielle et le risque de maladie des petits vaisseaux

Une revue systématique de la littérature réalisée par une équipe australienne, suivie d’une méta-analyse des données a voulu évaluer cette possible association entre variabilité de la PA et le risque de MDPV. Vingt-sept articles représentant plus de 12.300 scanners ou IRM cérébraux de patients différents ont été identifiés par cette revue de la littérature et ont été inclus dans une méta-analyse. Ces essais concernaient des patients adultes n’ayant pas eu d’AVC au cours des 4 dernières semaines précédant l’inclusion, qui disposaient de données d’imagerie et chez qui la variabilité de la PA avait été calculée. Ils avaient un âge moyen de 73 ans à l’inclusion (49% de femmes) et 56% d’entre eux souffraient d’hypertension ou suivaient un traitement antihypertenseur.

Un effet de la variabilité de la PA indépendant de la PA moyenne

Selon les Odds ratio (OR) rapportés par ces essais, une plus grande variabilité de la pression artérielle systolique (PAs) était associée à un risque plus élevé de MDPV, avec un OR de 1,27 [1,14-1,42) et une forte hétérogénéité (I2=85%), et ceci indépendamment de la PAs moyenne.

De même, une variabilité plus importante de la pression artérielle diastolique (PAd) était associée à un risque plus élevé de MDPV, avec un OR de 1,30 [1,14-1,48] et une hétérogénéité qui restait élevée (I2=53%). Cette association apparaissait là aussi de façon indépendante de la PAd moyenne.

Aucune interaction deux à deux n’a été décelée entre PA diastolique ou systolique et PA moyenne ou variabilité de PA. Il faut toutefois noter que les niveaux de preuve concernant la variabilité de la PA étaient faibles (majorité d’études transversales, degré d’hétérogénéité modéré à élevé, risque de biais).