La variabilité de pression artérielle est-elle sous l’influence de la consommation de sel ?

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude rassemblant des données observationnelles et interventionnelles, un régime riche en sel, reflété par l'excrétion urinaire de sodium, n’est pas associé à la variabilité de la pression artérielle sur 24 heures.

  • La diminution de la consommation de sel ne semble pas constituer une approche pertinente pour réduire cette variabilité.

  • A noter que cette étude a été menée auprès d’une population blanche et ayant peu de problèmes de santé. L’extrapolation aux autres catégories de la population doit être précautionneuse. Il est également possible qu’il existe une variabilité interindividuelle de la réponse à un niveau élevé de consommation de sodium.

Pourquoi est-ce important ?

La variabilité de la pression artérielle (PA) a été associée aux maladies cardiovasculaires et à la mortalité, mais il n'existe aucun traitement efficace pour la réduire. Étant donné qu’une consommation élevée de sel est associée à une augmentation de la rigidité artérielle, favorisant une altération de l'endothélium vasculaire, et, en conséquence, une plus grande variabilité, des chercheurs néeerlandais ont voulu apprécier si la réduction de l'apport en sel pourrait être une approche pertinente dans ce cadre, à travers les données d’une étude observationnelle puis celles d’une étude interventionnelle.

Méthodologie

Maastricht study est une étude de cohorte observationnelle prospective ayant rassemblé des personnes de 40 à 75 ans vivant dans la partie sud des Pays-Bas. L’analyse de leur niveau de consommation de sel et de leur pression artérielle a été conduite à partir des différents recueils et examens auxquels ils ont été soumis.

Dans un second temps, l’analyse post hoc d’une étude interventionnelle a été menée, qui avait recruté des participants de 18 à 65 ans, non fumeurs, sans diabète ni maladie cardiovasculaire, avec ou sans obésité abdominale. Les sujets inclus avaient suivi un régime alimentaire visant une consommation de sel faible (50 mmol NaCl/24 h, équivalent à 2,922 g NaCl/24 h) ou élevée (250 mmol NaCl/24 h, équivalent à 14,61 g NaCl/24 h) pendant 7 jours, chacun changeant ensuite de groupe après avoir respecté une période de 14 jours d’arrêt. Le régime alimentaire était isocalorique entre les deux bras, avec une alimentation préconisée contenant 50 mmol de NaCl et 70 à 80 mmol de K+ par jour, complétée par des gélules de NaCl (9 par jour à 1,3 g /gélule) ou un placebo.

Principaux résultats

Dans l’étude observationnelle, 2.652 patients (âge moyen 60 ans, 51,8 % d’hommes) ont été intégrés à l’analyse. Le taux d’excrétion urinaire était jugé comme bas ou haut selon la répartition des patients de part et d’autre de la valeur médiane (3,65 g/24 h). L'excrétion urinaire de sodium n'était pas associée à la variabilité de la pression artérielle systolique et diastolique sur 24 heures, après ajustement sur de multiples paramètres sociodémographiques, glycémiques, cardiovasculaires et médicamenteux.

Dans l’étude interventionnelle (49,1 ans d’âge moyen, 67,5 % de femmes), le régime pauvre ou riche en sel n'était pas associé à une modification de la variabilité de la PA systolique ou diastolique sur 24 heures, avant ou après ajustement. La différence moyenne de cette variabilité sur 24 heures entre les deux groupes était de -0,11 mm Hg [-0,82 à 0,60] et de -0,09 [-0,67 à 0,48] pour la PA systolique et diastolique respectivement.

À noter qu’une association en forme de U - et non pas linéaire - a été observée entre l'excrétion urinaire de sodium sur 24 heures et la variabilité sur 7 jours.