La troponine pourrait signer l’augmentation du risque de mortalité

  • Kaura A & al.
  • BMJ
  • 20 nov. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

La troponine est connue pour être un biomarqueur du syndrome coronarien aigu. Mais des données de la littérature ont montré une relation plus générale entre l’augmentation de la troponine et l’augmentation de la mortalité. Une étude vient de confirmer cette relation quel que soit l’âge, et même lorsque les taux de troponine ne sont que légèrement supérieurs à la valeur normale haute. L’élévation de la troponine chez les sujets sans éléments cliniques évocateurs d’un SCA constitue une réelle difficulté de prise en charge pour les services de soins d’urgence. Les résultats de cette étude de très large envergure montrent que la mortalité serait multipliée par plus de 3 lorsque le taux de troponine dépasse la limite normale supérieure haute chez les sujets ayant reçu un diagnostic de syndrome coronarien aigu (SCA) ou non. Ce risque serait ainsi globalement augmenté de 15 points de pourcentage pour chaque tranche d’âges. Chez les sujets n’ayant pas reçu la confirmation du diagnostic de SCA, la relation entre augmentation des taux de troponine et augmentation de la mortalité serait directe alors qu’elle suivrait une courbe en U inversé pour ceux ayant un diagnostic de SCA confirmé. 

Protocole de l’étude

Cette étude rétrospective de cohorte a été menée au sein de 5 centres cardiovasculaires britanniques. Les patients ayant bénéficié d’une mesure de troponine entre 2010 et 2017 ont été inclus. Les patients ont été classés en deux groupes selon qu’ils aient ou non reçu un diagnostic de SCA. Seuil utilisé de 99e percentile de la valeur normale haute de chaque laboratoire. 

Principaux résultats

Parmi les patients inclus, 14.468 avaient été hospitalisés pour SCA et 120.049 pour une autre cause. L’âge médian de la population était de 65 ans et 55,3% étaient des hommes. Les taux de troponine augmentaient de manière linéaire entre 20 et 60 ans, puis de manière exponentielle d’environ 50% pour toute décade supplémentaire. Ainsi, la proportion de sujets ayant un taux de troponine supérieure à la limite normale haute allait de 9% entre 18 et 29 ans à 50% au-delà de 90 ans.

Au cours du suivi médian de 1.198 jours, 21,7% des sujets suivis sont décédés, dont 12,1% au cours de la première année. Un taux de troponine supérieur à la limite normale haute était globalement associé à un risque de mortalité à 3 ans multiplié par un facteur 3,2 avec  un risque multiplié par plus de 10 chez les 18-29 ans et par seulement 1.5 chez les plus de 90 ans.

Considérant le profil SCA ou non SCA des patients, la relation entre le taux de troponine et la mortalité était directe chez les patients sans SCA, alors qu’il s’agissait d’une relation en U inversé chez ceux ayant un SCA, avec une diminution de la mortalité au-delà de 70 fois la limite normale supérieure haute. Les auteurs expliquent que la diminution de la mortalité pour les valeurs très élevées pourrait être en rapport avec une prise en charge invasive de ces sujets (notamment par angioplastie).