La Tribune : Parole à l’ISNAR-IMG sur la rémunération des internes


  • Serge Cannasse
  • La Tribune
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Le montant de notre salaire dépend de notre année de formation, avec un salaire mensuel respectivement de 1383€, 1532€ et 2125€ hors indemnités. Si l’on considère que l’interne ne travaille « que » les 48 heures hebdomadaires réglementaires, cela ne correspond qu’à 8,75€ de l’heure en moyenne sur les 3 ans, soit un peu plus de 80% du SMIC horaire.

Par ailleurs, nous expliquions la semaine dernière que nous dépassons souvent ces 48h hebdomadaires.

Cette base de financement, appelée émoluments, ne provient pas seulement de l’hôpital, mais de deux enveloppes distinctes. La première partie est prise sur une MERRI (Mission d'Enseignement, de Recherche, de Référence et d'Innovation), attribuée par la DGOS aux ARS à hauteur de 16 000€ annuels par interne, correspondant à 1 353€ mensuels. Il s’agit de la partie fixe du salaire de l’interne. La seconde est le budget de l’employeur, qui provient de l’établissement référent de l’interne et augmente au fur et à mesure du cursus.

Le salaire des internes ne vient donc pas de l’établissement hospitalier où il exerce. Beaucoup pensent le contraire, ce qui entraîne une forme de dépendance. L’exemple le plus flagrant est celui de l’inter-CHU, stage réalisé dans une autre région et financé via l’université d’origine. Les internes  se voient souvent refuser leurs demandes d’inter-CHU car « l’hôpital ne souhaite pas payer un interne pour qu’il travaille ailleurs que dans sa région  ».

C’est dans ce sens que nous souhaitons la mise en place d’un budget indépendant, qui permettrait de payer l’interne directement, dans un objectif de clarification et pour permettre une réalisation simplifiée des inter-CHU.

En plus des émoluments évoqués plus haut, nous percevons de multiples indemnités multiples : compensations d’avantages en nature sur le logement et la nourriture, primes de gardes, primes d’astreintes.

En tant qu’internes de médecine générale, nous sommes particulièrement concernés par la prime de transport, et celle de “responsabilité”, qui concerne les internes de 9e année réalisant un Stage Ambulatoire en Soins Primaires en Autonomie Supervisée chez des généralistes, “SASPAS”.

Il faut noter qu’aucune de ces primes et indemnités ne sont prises en compte dans le calcul de la retraite.

La prime de SASPAS est une prime de responsabilité incitant à l’autonomisation. Les indemnités de transport nous permettent de couvrir une partie de nos nombreux frais de déplacements, car à plus de 26 ans, dans le cadre de notre formation, nos terrains de stage changent tous les 6 mois. C’est l’un des moyens qui a permis aux internes, de Médecine Générale notamment, de se déplacer au sein des territoires ruraux, incitant ainsi à l’installation dans les zones sous-dotées médicalement. Les indemnités d’hébergement, quant à elles, ont pour but de faciliter la recherche de logement, nous incitant là aussi à nous déplacer pour découvrir de nouvelles pratiques et inciter ainsi à l’installation dans les zones désertées.

A bac +6, +7, +8, nous revendiquons aujourd’hui une revalorisation de notre salaire, stable depuis 2012, avec indexation sur le coût de la vie. En tant qu’internes de Médecine Générale, nous demandons également que les différentes indemnités nous permettant de nous déplacer lors de nos stages chez les généralistes soient majorées.

 

Matthieu THOMAZO, Porte-Parole de l’ISNAR-IMG (InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale)