La Tribune : Internes de médecine, pharmacie et biologie médicale : des revendications communes.


  • Serge Cannasse
  • La Tribune
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Les internes sont des agents publics et des praticiens en formation spécialisée comme précisé dans l’article R.6153-1 du Code de la santé publique. Nous sommes formés en stage dans des terrains divers (CHU, CH, terrains ambulatoires, centres de lutte contre le cancer etc…) et poursuivons une formation universitaire obligatoire à hauteur d’une demi-journée par semaine à l’université. De plus, l’interne dispose également d’une demi-journée par semaine pour sa formation personnelle qu’il peut utiliser comme bon lui semble (diplôme universitaire, rédaction d’article, thèse d’exercice, etc…).

Ce « temps de travail de l’interne » n’est pas respecté, dépassant parfois de 40 heures la durée légale prévue. Selon les spécialités, un interne travaille en moyenne 55 heures par semaine et parfois jusque 88 heures, hors temps passé en garde et astreinte. A noter aussi, l’absence de l’accord systématique du repos de sécurité qui fait directement suite à une période de travail de 24 heures consécutives. Pas très sécurisant pour le patient, n’est-ce pas ?

Avec ce triste constat, force est de remarquer que les internes sont indispensables au juste fonctionnement de l’hôpital. Il faut distinguer la formation de l’exploitation qui a des retentissements, parfois dramatiques, sur la vie des internes (population plus anxieuse et déprimée que d’autres à âge égal, suicides).

A ce titre il apparait urgent de revaloriser le statut de l’interne qui est le praticien pivot de l’hôpital public.

  • Une revalorisation salariale est indispensable pour être à la hauteur du volume horaire effectué et être en regard des responsabilités qui nous sont confiées. Notre métier (médecin, pharmacien, biologiste), nous l’avons choisi et nous l’aimons. Les responsabilités nous les acceptons. Tout travail mérite salaire : les indemnités de stage n’ont pas évolué depuis 2010. Le nombre de patients et l’exigence de qualité de soins ont en revanche bel et bien augmenté. L’interne (niveau bac + 7 et plus) n’est pas rémunéré à la hauteur où il devrait l’être.

La rémunération des indemnités de garde et astreinte devra également être alignée sur le minimum légal. De plus, il est anormal que ces mêmes indemnités soient exonérées de charges pour les praticiens séniors alors qu’elles ne le sont pas pour les internes. A plages horaires identiques, charge de travail quasi-identique, comment expliquer cette discrimination au statut ?

  • Un respect strict du temps de travail de l’interne afin de garantir les exigences de formation hors stage qui lui incombent. Au-delà de la formation, il en va de l’intégrité physique et psychologique des praticiens de demain.

Pour un hôpital en bonne santé et parce que nous sommes intimement attachés à l’hôpital public, il est urgent de satisfaire aux revendications qui sont les nôtres, dans l’intérêt des patients et du système de santé.

 

InterSyndicale Nationale des Internes et Fédération Nationale des Syndicats d’Internes en Pharmacie et Biologie Médicale