La Tribune des Internes : association des internes de Brest « Formation ‘sur le tas’. Le tas, ce sont des patients »


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A Brest, 232 internes sur 380 (61%) se sont déclarés grévistes et 180 se sont rassemblés le matin du 10 décembre dans le hall de l’hôpital universitaire de la Cavale Blanche. Ce succès est dû à une campagne d’information menée depuis plusieurs semaines par l’Association des internes de Brest, mais aussi grâce au soutien de l’ensemble des médecins séniors de l’établissement : praticiens hospitaliers, chefs de clinique, assistants, etc. Ils ont en effet accepté de faire face à la surcharge de travail supplémentaire occasionnée par la grève et ont déplacé les consultations qui pouvaient l’être. Pour les internes de Brest, ce ne sont pas leurs tuteurs qui créent les problèmes !

À leurs revendications communes aux autres syndicats et associations d’internes de France, ils ajoutent la mise en avant de points litigieux locaux. Ainsi, en désaccord avec l’ensemble des représentants et instances médicales de l’établissement, la Direction des affaires médicales a décidé que l’interne de garde de nuit à l’hôpital Morvan le serait aussi dans un service délocalisé à l’hôpital des Armées, nécessitant un transport en voiture entre les deux sites. L’interne ne pouvant pas travailler dans deux établissements en même temps, cela implique une mise en danger des patients, notamment des plus fragiles (en oncologie ou en hématologie stérile). Il est vrai qu’il est corvéable à merci…

En France, les internes travaillent environ 55 heures par semaine (pour mémoire, la durée légale est de 48 heures), pour un salaire net débutant à 1.300 euros par mois. Leur lieu de stage change tous les 6 mois et bien souvent n’est pas situé à Brest, mais dans un autre centre hospitalier régional : Quimper, Morlaix, Pont-l’Abbé etc. Il leur faut déménager à chaque fois, avec des frais censés être couverts par une indemnité de 300 euros par an, ce qui est nettement insuffisant.

Ils déplorent enfin le manque de séniors pour les encadrer, avec pour conséquence qu’ils sont formés « sur le tas ». Mais le tas, ce sont les patients !

Informations recueillies auprès de G. Cornec, Président de l'association des Internes de Brest et H. Panelay, représentant ISNI de l'association des Internes de Brest", que l’auteur remercie vivement.