La transplantation fécale apporte-t-elle un soulagement du syndrome de l’intestin irritable ?

  • Aroniadis OC & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 17 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • Une étude randomisée, contrôlée versus placebo, et menée en double aveugle, suggère que la transplantation fécale ne serait pas supérieure au placebo pour soulager le syndrome de l’intestin irritable à prédominance diarrhéique.
  • Elle montre également que la transplantation fécale serait bien tolérée et n’induirait pas d’exacerbations des symptômes diarrhéiques liés au syndrome de l’intestin irritable par rapport au placebo. 
  • D’autres études sont encore nécessaires pour mieux comprendre le rôle de la transplantation fécale chez les patients souffrant du syndrome de l’intestin irritable et de ses sous-types.

Méthodologie

Cette étude randomisée, contrôlée versus placebo et menée en double aveugle a été réalisée auprès de patients âgés de 18 à 65 ans ayant un syndrome de l’intestin irritable définit par un score de sévérité (IBS-SSS) de plus de 175 et recrutés à partir de 3 centres de santé américains. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit 75 capsules de transplantation de microbiote fécal (chaque capsule contenant environ 0,38 g de selles de donneurs retraités), soit 75 capsules placebo sur 3 jours (25 capsules par jour). Tous les patients ont réalisé en alternance l’un et l’autre traitement à 12 semaines d’intervalle. 

Principaux résultats

Au total, 48 patients ont été inclus pour recevoir la transplantation fécale (n=25) ou le placebo (n=23). La plupart des patients étaient des hommes (63%) et d’origine caucasienne (83%). Trois sujets du groupe transplantation fécale ont été perdus de vue. À l’inclusion le score IBS-SSS était de 282 dans le groupe transplantation fécale et 309 dans le groupe placebo. À 12 semaines, et après ajustement aux valeurs basales, le score IBS-SSS était similaire entre les deux groupes (valeur moyenne 221 sur un maximum de 500 (le score le plus élevé indiquant des symptômes plus sévères) dans le groupe transplantation fécale et 236 dans le groupe placebo, p=0,65).

Aucun autre critère clinique de suivi à 12 semaines ne différait entre les deux groupes : qualité de vie (IBS-QOL), score d’anxiété et de dépression (HADS) ou état des selles (BSFS). L’évaluation de la tolérance de cette technique a mis en évidence des douleurs abdominales chez 10% des sujets recevant la transplantation vs 8% pour le placebo, des nausées (respectivement 8% vs 4%) et des exacerbations de diarrhées (6% vs 17%).

Principales limitations

Cette étude porte sur un faible effectif, elle est de courte durée et sans période de washout.