La transmission au sein du foyer, élément déterminant de la propagation du SARS-CoV-2

  • Jing QL & al.
  • medRxiv
  • 15 avr. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • L’analyse de 349 cas index de COVID-19 et de plus de 1.900 personnes contacts à risque suggère que c’est au sein de la famille (habitant ou non dans le même foyer) que la transmission du virus est la plus élevée durant la période présymptomatique, les 60 ans ou plus ayant davantage de risque que les autres. L'isolement des cas primaires et le placement en quarantaine des contacts à risque au sein de la famille seraient déterminants pour contrôler efficacement l’épidémie.

 

La transmission du SARS-CoV-2 au sein des foyers est mal évaluée mais est primordiale pour apprécier le taux d’attaque secondaire lié à un premier patient infecté. Une équipe du CDC de Guangzhou (Centre de contrôle et de prévention des maladies) a évalué statistiquement le taux de transmission du virus au sein de la famille (parents du premier degré quelle que soit l’adresse, ou parents habitant à la même adresse), ou parmi des personnes n’appartenant pas à la famille (collègues, professionnels de santé, contacts à risque sans protection…) au cours des 2 jours précédant l’apparition des symptômes d’un cas primaire, à savoir une personne sans source d'exposition connue ou supposée avoir été infectée en dehors de la ville. Les personnes contacts avaient été identifiées puis isolées 14 jours et avaient bénéficié d’une recherche RT-PCR du virus.

L’analyse, menée sur la période du 7 janvier au 18 février 2020, a porté sur 215 cas index de COVID-19, 134 cas secondaires/tertiaires et 1.964 contacts à risque. Au total, 67% des cas primaires étaient âgés de 20 à 59 ans (même nombre d’hommes que de femmes) et 73% de ces cas étaient importés depuis une autre ville.

En prenant une période d'incubation moyenne de 5 jours et une période infectieuse maximale de 13 jours (dont jusqu'à 5 jours avant le début de la maladie), les chercheurs ont établi à 2,4% la probabilité de transmission secondaire à des personnes hors foyer, tandis que le taux d'attaque était de 12,4% parmi les membres de la famille et même de 17,1% pour ceux vivant à la même adresse que le cas index. Ce chiffre variait de 11,4 à 18,0% et de 7,5 à 12,2% parmi les membres de la famille et non familiaux selon la valeur de durée d’incubation et de période infectieuse considérée.

Au sein du foyer, les taux d'attaques secondaires étaient plus faibles parmi les plus jeunes que parmi les plus âgés (5,2% [2,4-9,7] pour les moins de 20 ans vs 14,8% [11,7-18,4] et 18,4% [12,5-25,6%] pour les 20-59 ans et ≥60 ans, p significatifs). Les différences entre groupes d'âge n'étaient pas statistiquement significatives parmi les cas secondaires hors foyer. 

En modélisant les données par rapport à la période de contact avec le cas index, les auteurs estiment que le risque pour les membres de la famille d’être infecté était plus faible de 39% après l'apparition des symptômes que pendant la période d'incubation.

Ces résultats suggèrent que l’infectiosité du virus est relativement haute et impose que le traçage et l’isolement des personnes contacts asymptomatiques soient efficaces pour contenir l’épidémie.

 

Exceptionnellement durant cette période de crise sanitaire, certaines publications mentionnées sont encore en prépublication et non relues par des pairs au moment de la rédaction. Nous attirons votre attention pour apporter la plus grande prudence quant aux résultats apportés.