La thérapie photodynamique, future arme contre la colonisation cutanée par le SARM ?

  • Schreiner M & al.
  • Br J Dermatol
  • 7 sept. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude préliminaire menée sur des échantillons de peau montre qu’une thérapie photodynamique utilisant une molécule photosensibilisante (SAPYR) permet de décoloniser la peau par un effet antimicrobien (>3 log 10 ) sur différentes bactéries, dont le SARM ( S. aureus résistant à la méthicilline). Ces résultats, associés à des données de toxicité satisfaisantes, sont en faveur de la conduite d’études qui permettraient d’évaluer cette approche dans un cadre clinique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Certaines bactéries présentes au niveau cutané peuvent être la cause de nombreuses infections associées aux soins. La décolonisation opérée avant le geste chirurgical peut être délicate à mener, en faisant notamment appel à des topiques antibiotiques favorisant l’émergence d’antibiorésistances. L’inactivation photodynamique bactérienne est une approche expérimentale qui consiste à utiliser un agent photosensibilisant coloré qui, soumis à une irradiation lumineuse, permet de produire des espèces réactives de l’oxygène délétères pour les cellules sur lesquelles il se fixe. L’idée de cette étude était de valider l’approche sur plusieurs espèces bactériennes colonisant la peau.

Méthodologie

Les tests ont été menés ex vivo sur des échantillons de peau issus du porc puis de l’homme en utilisant SAPYR (chlorure de 2((4-pyridinyl)méthyl)-1H-phenalèn-1-one), un traitement photosensibilisant dérivé de la phénalènone, d’origine naturelle, sur laquelle un groupement pyridinium a été greffé. Les tests ont été menés à partir de plusieurs bactéries : SARM et S. aureus sensible à la méthicilline, E. coli , P. aeruginosa .

Principaux résultats

  • Les essais menés sur des suspensions bactériennes puis des échantillons de peau d’origine porcine ont été concluants, avec une diminution de la viabilité comprise entre 3,5 à 5 log10 CFU/mL selon les bactéries pour des concentrations en SAPYR comprises entre 1.000 et 2.000 mol/L.

  • Des tests ont été conduits sur un tissu cutané humain ex vivo colonisé par SARM : la diminution la plus importante était de 3,5 log10 CFU/mL en moyenne. Les chercheurs ont fait varier la durée de l’incubation (contact avec l’agent photosensibilisant) puis celle de l’irradiation afin de s’assurer que la procédure était envisageable dans un délai raisonnable, compatible avec la pratique clinique : l’efficacité maximale a été trouvée pour une durée d’incubation de 10 minutes (solution à 1.000 µmol/L) suivie d’une irradiation de 60 minutes : diminution de 4,4 log10 CFU/mL. Des analyses histologiques ont permis de s’assurer parallèlement que l’agent photosensibilisant n’induisait pas de lésions au niveau cellulaire.