La testostérone peut améliorer le désir sexuel en cas de syndrome d’insensibilité complète aux androgènes

  • Birnbaum W & al.
  • Lancet Diabetes Endocrinol
  • 31 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le syndrome d’insensibilité complète aux androgènes (SICA) est une maladie rare qui correspond à une forme complète de pseudo-hermaphrodisme androgynoïde. Une étude a comparé l’efficacité d'un traitement hormonal substitutif par testostérone et œstradiol après gonadectomie, chez des femmes présentant un caryotype 46 XY et un SICA. Les résultats de cette étude montrent que la testostérone est aussi bien tolérée et sûre que les estrogènes. Le traitement par testostérone aurait un effet supérieur aux estrogènes sur la fonction sexuelle, en améliorant significativement le désir sexuel. La testostérone pourrait ainsi être considérée comme une alternative de substitution hormonale dans ces situations pour améliorer la qualité de vie mentale et sexuelle de ces femmes.

Pourquoi cette étude a été réalisée ?

Le SICA concernerait 4,1 femmes sur 100.0001. Ce syndrome est caractérisé, chez un sujet présentant un caryotype masculin (46 XY), par la présence d’organes génitaux externes féminins et de testicules normalement développés mais en position abdominale. Les individus souffrant de ce syndrome rapportent une réduction significative de leur bien-être psychique et de leur satisfaction sexuelle. Les essais cliniques concernant cette pathologie sont rares d’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Étude multicentrique, allemande, randomisée, en double-aveugle et croisée, menée chez des femmes de 18 à 54 ans présentant un caryotype 46 XY, ayant reçu le diagnostic de SICA et ayant subi une gonadectomie. Toutes les femmes recevaient 1,5 mg/j d’œstradiol durant 2 mois (phase d’équilibre) avant d’être randomisées et de recevoir 1,5 mg/j d’œstradiol et un placebo de testostérone durant 6 mois suivis de 50 mg/j de testostérone et d'un placebo d’œstradiol durant 6 mois (séquence A) ou inversement (séquence B). 

Principaux résultats

Au total, 14 patientes ont été inclus dans la séquence A et 12 dans la séquence B. Dix femmes ont quitté l’étude, dont 2 qui ont suivi au moins cinq visites, ce qui a permis de les inclure dans les analyses. Les taux de gonadotrophines étaient similaires dans les deux groupes et les taux d’estradiol et de testostérone avaient varié de manière importante au cours de l’étude dans les deux groupes.

La qualité de vie liée à la santé mentale (critère principal d’évaluation) et le bien-être psychique (mesuré par le score BSI - Brief Symptom Inventory) ne différaient pas entre les deux bras de l’étude.

La fonction sexuelle, évaluée par l’index FSFI (Female Sexual Function Index) en revanche différait entre les deux groupes. L’amélioration du désir sexuel était supérieure pour les femmes traitées par testostérone que par estradiol (p=0,018). Aucune virilisation n’a été observée quel que soit le bras évalué.

Au total, un événement indésirable grave (mastopathie fibreuse) et 20 autres types d’évènements indésirables (grade 1 et 2, dont des mastodynies, de la fatigue et des maux de tête) ont été rapportés durant la phase de stabilisation, puis 38 évènements indésirables sous testostérone et 28 sous estradiol dont des maux de tête, des infections des voies respiratoires hautes et de la fatigue.

Principales limitations

Etude de courte durée.