La survenue d’une démence est favorisée par un traumatisme crânien

  • Raj R & al.
  • Neurology

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une large étude de cohorte prospective, il existe une association entre traumatisme crânien majeur et survenue ultérieure d’une démence après ajustement sur l'âge et le sexe, par rapport à des patients contrôles. Aucune association de ce type n’est observée concernant les traumatismes crâniens mineurs.

  • Cette association était moins forte après ajustement sur d'autres facteurs de risque de démence connus, comme la consommation d'alcool ou le niveau d'activité physique. 

  • Cela suggère qu’un patient ayant eu un traumatisme crânien majeur peut voir son surrisque de démence atténué s’il a un niveau d'éducation élevé, une faible consommation d'alcool et une activité physique suffisante.

Pourquoi est-ce important ?

Le risque de développer une démence après un traumatisme crânien (TC) n’est pas clairement identifié. Cependant, les deux troubles présentent des facteurs de risque communs, qui ont conduit à considérer les TC comme un facteur de risque potentiel de démence. Afin de disposer d’un niveau de preuve robuste, il était intéressant d’évaluer une potentielle association entre les deux à partir d’une large cohorte prospective.

Méthodologie

Ce travail a été mené à partir de la base de données finlandaises FINRISK qui a été initiée en 1972 et qui a recruté un échantillon de population nationale invité à remplir des questionnaires tous les 5 ans. Pour cette analyse, les chercheurs ont sélectionné les patients de 25 à 64 ans qui étaient dans la cohorte entre 1992 et 2012. Ont été ensuite identifiés ceux ayant un TC majeur (hospitalisation ≥3 jours) et le TC mineur (hospitalisation ≤1 jour). L’existence d’un diagnostic de démence ou d’une prescription d’un médicament contre la démence a été recherchée au-delà de 1 an après l'événement traumatique. Par ailleurs, ces patients ont été appariés à d’autres sujets contrôles (sur l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, les consommations d’alcool et tabac, l’hypertension artérielle et le niveau d’activité physique).

Principaux résultats

Au total, 31.909 sujets ont été inclus dans l’analyse, avec un suivi médian de 15,8 ans. Parmi eux, 0,9% ont eu un TC majeur et 1,3% un TC mineur. L'âge médian au moment du TC mineur était de 40,1 ans, contre 54,3 ans pour le TC majeur. Par ailleurs, les femmes étaient moins nombreuses parmi ceux ayant subi un TC majeur (28,5%), que parmi les deux autres groupes (41,4% parmi les TC mineurs, 53,9% parmi les sujets contrôles).

Au cours du suivi de la cohorte, 976 nouveaux cas de démence ont été diagnostiqués (âge médian au diagnostic 75,4 ans, 54,9% de femmes). Ils étaient 9,4% et 2,2% parmi ceux qui avaient eu un TC majeur ou mineur respectivement, et de 3,0% parmi les sujets contrôles. Au diagnostic de démence, les patients qui avaient eu un TC majeur étaient globalement plus jeunes et présentaient un TC plus récent que ceux des deux autres groupes.

Après ajustement sur l'âge et le sexe, un TC majeur était associé à un risque supplémentaire de démence (hazard ratio HR 1,51 [1,03-2,22]) par rapport aux sujets contrôles. L’ajustement sur l’ensemble des autres facteurs potentiels de confusion a réduit l’ampleur du risque (HR 1,30 [0,86-1,97]). Aucun risque significatif de démence n’a été identifié chez les sujets ayant eu un TC mineur.