La standardisation de l’évaluation de la durabilité des valves aortiques biologiques devient une nécessité

  • Fatima B & al.
  • JAMA Cardiol
  • 5 déc. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Des chercheurs américains ont passé en revue toutes les études ayant évalué la détérioration de valve aortiques biologiques dans le temps. Une grande variabilité a été observée entre les études tant en ce qui concerne la notification des détériorations que des événements cliniques qui y étaient liés, ou encore les durées de suivi. Les principales données de surveillance des bioprothèses n’étaient disponibles que pour un petit nombre d’études. Étant donné le recours de plus en plus fréquent aux techniques moins invasives pour le remplacement valvulaire (TAVI notamment), le besoin de données standardisées facilitant les comparaisons se fait plus fortement sentir. Les auteurs appellent donc à une homogénéisation des méthodologies, des critères d’évaluation et des notifications des données de surveillance des valves sur la durée.

Pourquoi cette revue a-t-elle été réalisée ?

Les valves biologiques sont de plus en plus utilisées dans la chirurgie des valves cardiaques, en particulier chez les sujets au-delà de 60-65 ans et chez les femmes en désir de grossesse, car elles présentent l’avantage de ne pas nécessiter de traitement anticoagulant au long cours. Leur durée de vie (une quinzaine d’années en moyenne) est cependant inférieure à celle des valves mécaniques. La détérioration précoce des bioprothèses valvulaires représentant un important problème de santé publique, de nombreux essais ont étudié ce phénomène sur la durée. Pour tirer la substantifique moelle de cette abondante littérature, une équipe américaine a entrepris de faire la revue de toutes les études s’étant penchées sur le sujet.

Conception de l’étude

Toutes les études ayant pris comme critère principal la détérioration des bioprothèses après remplacement valvulaire aortique ont été incluses à partir d’une revue des données de la littérature et de celles rapportées par la Food and Drug Administration (FDA). Le pourcentage de patients avec détérioration et le temps médian depuis l’implantation de la valve jusqu’à l’apparition d’une détérioration était calculé pour chaque étude.

Résultats

  • Au total, 167 études et 12 rapports de la FDA représentant 101.650 patients et 101.670 valves (17 modèles différents) ont été pris en compte dans l’analyse.
  • Les données essentielles de surveillance des valves n’étaient disponibles que pour 11 études.
  • Les estimations de Kaplan-Meier ont été rapportées sur des durées allant jusqu’à 30 ans de suivi et montraient que 0% à 37% des patients étaient encore à haut risque de mortalité en fin de suivi (hors survenue d’une détérioration de valve).
  • La durée moyenne de suivi variait de moins de 1 an à 14 ans pour les études de la littérature et de 1,2 à 7 ans pour les rapports de la FDA. Cette grande variabilité dans la durée des suivis rendait difficile la comparaison de l’incidence des détériorations.
  • La durée de vie sans détérioration des valves implantées semblait augmenter avec l’âge moyen au moment du remplacement valvulaire, le risque de détérioration étant maximum chez les sujets implantés plus jeunes: seulement 55% des sujets ayant reçu leur valve avant 60 ans n’avaient pas eu d’explantation de leur bioprothèse valvulaire aortique 20 ans après l’implantation, alors que c’était le cas de 91,9% d’entre eux pour ceux qui l’avaient reçue entre 60 et 80 ans et de 100% de ceux qui l’avaient reçue après 80 ans.

Limitations

La grande hétérogénéité dans la définition de la détérioration des valves, dans la façon de les rapporter et dans la méthodologie des études de façon générale n’a pas permis la réalisation d’une méta-analyse.