La spironolactone semble une alternative comparable aux tétracyclines contre l'acné

  • Barbieri JS & al.
  • J Drugs Dermatol
  • 1 juin 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’étude conduite sur une base de données américaines, rassemblant près 7.000 femmes acnéiques traitées par spironolactone et plus de 31.000 traitées par tétracycline, le taux de switch de la spironolactone vers une tétracycline était de 14,4% et de 13,4% dans l’autre sens. Après ajustement sur l’âge, l’utilisation d’un rétinoïde topique et d’un contraceptif oral, le risque de changer de traitement à un an était sans différence significative entre ceux ayant un traitement initial par spironolactone par rapport à ceux ayant un traitement initial par tétracyclines (ORa : 1,07 [0,99-1,17]).

  • Si la fréquence des switchs à un an est identique dans les deux groupes de femmes, la fréquence du recours à l’isotrétinoïne en seconde intention est plus élevée dans le groupe initialement traité par tétracycline, indiquant potentiellement un plus fort taux d’échecs dans ce groupe.

  • Selon les chiffres de cette étude, la spironolactone semble avoir une balance bénéfice-risque supérieure chez les femmes adultes que chez les plus jeunes. Les auteurs suggèrent plusieurs hypothèses pour expliquer ce constat, comme la sévérité supérieure de l’acné chez ces dernières, leur plus forte exigence quant à l’efficacité thérapeutique ou l’intervention de facteurs hormonaux dans cette tranche d’âge. Les données permettant de les vérifier n’étaient pas disponibles.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

  • L’acné modérée à sévère nécessite souvent un traitement systémique. Les antibiotiques posent des difficultés en termes d’évènements indésirables et de pression de sélection. Les alternatives sont attendues afin de les contourner. La spironolactone est un diurétique parfois utilisé pour les cas sévères, mais son utilisation reste hors AMM, du fait de l’absence de données cliniques suffisamment solides.

  • En suivant l’évolution des prescriptions initiales en tétracyclines ou en spironolactone pour la prise en charge de l’acné, cette étude américaine propose une analyse indirecte de leur efficacité et/ou de leur tolérance.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir des données 2010-2016 de la base de données américaine OptumInsight Clinformatics. Les femmes prises en compte étaient celles âgées de 16 à 35 ans, présentant au moins deux motifs de consultation pour acné dans les 12 derniers mois, n’ayant pas été traitées par antibiotiques ou par spironolactone dans les 6 derniers mois et pour lesquelles un suivi de 12 mois suivant la prescription initiale de l’un ou l’autre des traitements était disponible.

Principaux résultats

  • Au total, 6.684 femmes initiant un traitement par spironolactone et 31.614 autres initiant un traitement par tétracycline ont été incluses dans l’analyse.

  • Parmi celles ayant initié un traitement par spironolactone, 14,4% ont changé de traitement antiacnéique après un an, contre 13,4% de celles traitées par tétracycline orale : parmi les premières, 9,20% et 3,9% initiaient un traitement par tétracycline ou par isotrétinoïne, tandis que parmi les secondes, 5,20% et 5,10% initiaient un traitement par spironolactone ou par isotrétinoïne.

  • Après ajustement sur l'âge, le recours à un rétinoïde topique et sur l'utilisation de contraceptifs oraux, l'odds ratio relatif à la prescription d'un autre agent systémique en un an était de 1,07 [0,99-1,16] (NS) pour ceux sous spironolactone initiale par rapport à ceux sous tétracycline (différence de risque : 0,007 [-0,002 à -0,017]).

  • L’analyse conduite selon l’âge des femmes a permis d’établir la valeur de l’odds ratio ajusté à 1,58 [1,35-1,86] pour les adolescentes et de 0,94 [0,86-1,03] pour les femmes adultes.

  • L’analyse conduite pour chaque tétracycline prise isolément était de 1,28 [1,16-1,42] pour la spironolactone par rapport à la doxycycline, de 0,99 [0,90-1,09] par rapport à la minocycline et de 1,10 [0,99-1,23] par rapport à la minocycline LP.

Principales limitations

La sévérité de l’acné, ou les raisons du switch (manque d’efficacité, interactions médicamenteuses, intolérance…) ne sont pas connues.