La simulation aide les infirmiers de réanimation à réduire leur stress

  • El Khamali R & al.
  • JAMA
  • 20 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les résultats de l’étude menée par le groupe de recherche infirmier SISTRESSREA sont les premiers à montrer que les problèmes de stress au travail, d'absentéisme et de turnover ne sont pas des conséquences immuables liées au métier d’infirmière en unité de soins intensifs, comme le souligne l’éditorial accompagnant cet article. En effet, 6 mois après avoir suivi un programme de simulation haute fidélité développé pour réduire le stress au travail et apprendre à mieux gérer les situations cliniques stressantes (arrêt cardiaque, fin de vie…) et certaines les difficultés liées à des problèmes d’organisation ou liés au travail (sentiment de manque de reconnaissance, d’autonomie, de communication…), les infirmières présentent niveau de stress professionnel inférieur à celui d’un groupe contrôle. Ces résultats étaient maintenus à 12 mois et conduisaient à des chiffres plus faibles d’absentéisme et de turnover.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Parallèlement à l’amélioration des conditions de travail, il existe des approches permettant d’améliorer la gestion du stress et des émotions des infirmières, particulièrement à risque en USI. Le groupe de recherche infirmier SISTRESSREA et le GIS Simulation Marseille ont collaboré afin de développer et évaluer un outil de simulation haute fidélité spécifiquement dédié à cette problématique.

Méthodologie

  • Des infirmières volontaires, qui étaient issus de 8 USI adultes (ayant au moins 6 mois d’expérience dans le service), ont été randomisées en ouvert (après stratification selon le centre et l’ancienneté dans le service) entre février 2016 et avril 2017 : entre la participation au programme de simulation spécifique et un groupe contrôle (qui se voyait proposer de bénéficier du programme à l’issue de l’étude).

  • Le programme, conforme aux recommandations de la HAS, était constitué de 5 journées réparties sur 2 semaines : il comprenait différents scénarios visant à améliorer certaines actions (technique, prise de décision, priorisation, travail en équipe….). Chaque infirmière recevait un brief, puis était filmée en action. Un débrief était ensuite réalisé au cours duquel les participantes partageaient leurs impressions, analysaient ensemble les raisons ayant motivé une action ou l’absence d’action spécifique (selon une méthodologie de travail définie) puis permettait de synthétiser les messages et enseignements clés de cette session.

  • L’évaluation de l’efficacité du programme était menée à 6 et à 12 mois après le programme d’intervention et était fondée sur plusieurs questionnaires questionnaires spécifiques (JCQ, COPSOQ).

  • L’objectif principal de l’étude était d’apprécier le stress au travail à 6 mois, défini par un score d’exigence psychologique >21 et un score d’autonomie décisionnelle

Principaux résultats

  • Au total, 182 des 198 infirmières recrutés (58% de femmes, 48% de moins de 30 ans) ont terminé l’étude (toujours présentes dans le service). Parmi elles, 97 appartenaient au groupe simulation, et 85 au groupe contrôle.

  • À 6 mois, la prévalence du stress au travail était significativement inférieure dans le groupe simulation (13% vs 67%, différence 54%, p

  • L'isostrain était significativement plus faible dans le groupe simulation (7% vs 55%, différence 48%, pvs 8% et 4% vs 12% à 12 mois).

  • Les différences observées en termes de stress professionnel et d’isostrain restaient significatives lors de l’évaluation menée à 12 mois sur les 93 questionnaires analysés.

Principales limitations

  • Il faudrait évaluer l’efficacité du programme au-delà de 1 an et l’utilité de suivre de nouvelles sessions.

  • Il est possible que les infirmières aient fait part de leurs apprentissages à leurs homologues dans le service, ce qui peut avoir une influence sur les évaluations.

Financement

L’étude a bénéficié d’un financement PHRIP (Programme Hospitalier de Recherche Infirmière et Paramédicale).