La sévérité du régime hypocalorique a-t-elle des effets délétères ?

  • Seimon RV & al.
  • JAMA Netw Open
  • 2 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Selon une étude australienne, un régime hypocalorique sévère (aliments de substitution durant 4 mois pour atteindre un apport calorique journalier de -65 à -75%) permet aux personnes obèses d’atteindre une perte de poids plus importante à 12 mois qu’un régime plus modéré (35% de l’apport pendant 12 mois), avec une diminution de la masse grasse totale et une meilleure distribution des graisses. La masse maigre totale était également réduite, proportionnellement à l’importance de la perte pondérale. Cependant, une diminution de la densité minérale osseuse (DMO) de la hanche était observée, malgré l’équilibre des apports en protéine, calcium et vitamine D. Cette effet collatéral doit être pris en considération dans la prise en charge de l’obésité, en prenant un soin particulier des femmes ménopausées, notamment si elles souffrent d'ostéopénie ou d'ostéoporose.

Une cohorte de 101 femmes ménopausées suivies 12 mois

Cette étude, baptisée TEMPO ( Type of Energy Manipulation for Promoting Optimum Metabolic Health and Body Composition in Obesity ) a recruté des femmes obèses (30-40 kg/m²). Le protocole imposait qu’elles soient ménopausées afin de limiter les fluctuations pondérales d’origine hormonale et afin d’observer l’impact des régimes à un moment de la vie particulièrement sensible pour le métabolisme osseux. Au total, 101 femmes ont été recrutées (âge moyen 58,0 ans, IMC moyen 34,4 kg/m²).

La randomisation après stratification selon l’âge et l’IMC a permis de répartir les femmes entre les deux interventions : un régime hypocalorique modéré (-25 à -35% de la ration calorique journalière) durant 12 mois sur la base des recommandations nutritionnelles australiennes, ou un régime hypocalorique sévère (-65 à -75% de la ration calorique journalière) pendant 4 mois en ayant recours à des substituts de repas équilibrés, suivis d’un régime modéré durant les 8 autres mois. Les deux groupes se voyaient prescrire un apport protéique de 1,0 g/kg/jour et ils recevaient tous des recommandations concernant l’exercice physique.

La DMO de la hanche significativement abaissée

À 12 mois, les femmes ayant arrêté l’essai étaient 3 fois moins nombreuses dans le groupe régime sévère que dans le groupe régime modéré, sans doute parce que les effets étaient plus rapidement observables, supposent les auteurs.

À l’issue du suivi, la perte de poids était supérieure dans le groupe régime sévère (-15,3 vs -8,4 kg, p

La perte globale de masse maigre et la diminution de l’aire musculaire de la cuisse (taille de l'effet respective -1,2 kg et -4,2 cm²) étaient également supérieures dans le groupe régime sévère, proportionnellement à l’importance de la perte pondérale. Enfin, la DMO au niveau de la hanche subissait également une baisse dans ce groupe de patients (taille de l'effet -0,017 g/cm²) à 12 mois. La DMO au niveau lombaire et du corps entier n’était pas significativement altérée.