La résistance aux carbapénèmes résulte aussi de l’exposition à d’autres antibiotiques

  • Coppry M et al.
  • J Antimicrob Chemother.

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

Dans le cadre d’une étude cas-témoin, nichée au sein d’une cohorte de patients admis en unité de soins intensifs (USI) dans 8 hôpitaux français, les antibiotiques associés à l’acquisition de souches de Pseudomonas aeruginosa résistantes aux carbapénèmes (PARC) ont pu être identifiés. Les résultats indiquent bien l’exposition aux carbapénèmes comme facteur de risque indépendant, mais également l’exposition aux bêta-lactamines inactives contre P. aeruginosa, des molécules fréquemment utilisées en première ligne de traitement ou en prophylaxie chirurgicale.

 

Pseudomonas aeruginosa est le pathogène le plus fréquemment responsable d’infections associées aux soins en USI. Et ces infections sont particulièrement sévères et associées à un risque plus élevé de mortalité lorsque la souche est résistante aux carbapénèmes. Ces résistances apparaissent sous la pression des carbapénèmes, mais aussi d’autres antibiotiques sans que ces derniers aient été clairement identifiés.

Quels antibiotiques associés à l’apparition de résistances aux carbapénèmes ?

Une équipe du CHU de Bordeaux s’est donc employée à rechercher les antibiotiques autres que les carbapénèmes associés à l’isolation de souches PARC chez des sujets adultes admis en USI. À partir de la cohorte DYNAPYO constituée à partir d’USI de 8 hôpitaux français, 142 sujets indemnes de colonisation ou d’infection à P. aeruginosa lors de leur hospitalisation, et ayant acquis cette bactérie au cours de leur séjour en soins intensifs, ont été inclus (59 porteurs d’une souche PARC et 83 porteurs d’une souche P. aeruginosa sensible,PASC).

Les bêta-lactamines inactives contre P. aeruginosa suspectées

Après ajustement sur différents facteurs confondants, les cas d’infection à PARC ont été associés de façon significative et indépendante à l’exposition aux carbapénèmes (OR 1,205 [IC95% : 1,079-1,346]), mais également à l’exposition aux bêta-lactamines inactives contre P. aeruginosa telles que l’amoxicilline, l’association amoxicilline/acide clavulanique, céphalosporines de première et de seconde génération et l’ertapénème (OR 1,101 [IC95% : 1,010-1,201]). Parallèlement, les cas d’infection à PASC ont pu être associés à l’exposition aux bêta-lactamines actives contre P. aeruginosa (OR 0,868 [IC95% : 0,772-0,976]). Seule l’exposition aux bêta-lactamines inactives contre P. aeruginosa est apparue associée à l’acquisition de souches PARC lorsque les deux modèles (PARC vs contrôle et PASC vs contrôle) ont été comparés.