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  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les résultats d’une étude cas-témoins nichés dans une cohorte de grande envergure suggèrent qu’il n’y aurait pas d’augmentation du risque de cancer du sein avec les niveaux d’exposition aérienne les plus élevés en dioxine, ni au global, ni par sous-types de cancer du sein en fonction du récepteur hormonal considéré. En revanche un risque significativement accru a été mis en évidence pour les niveaux d’exposition les plus faibles (2quintile versus le premier), que ce soit au global, en fonction du statut ER-Positif du cancer ou du statut ménopausé. Ceci  laisse supposer un effet non-linéaire qui a déjà été mis en évidence avec d’autres perturbateurs endocriniens dans de précédentes études. Ces données méritent cependant d’être confirmées car la mesure de l’exposition présente quelques limites méthodologiques. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les dioxines sont des polluants organiques persistants dans l’environnement et qui s’accumulent dans la chaîne alimentaires (dans les graisses animales). Ils proviennent surtout d’industries chimiques produisant des herbicides et insecticides et des activités liées à la métallurgie et à l’incinération non contrôlée des déchets. Le TCDD (tétrachloro-2,3,7,8 dibenzo-para-dioxine) est le composé le plus toxique, il est classé agent carcinogène de type 1 par l’agence internationale de lutte contre le cancer. L’exposition à la dioxine a été associée à une augmentation du risque de cancer du sein, cependant, aucune étude n’est parvenue à montrer de lien direct entre les deux. La présence de biais dans certaines de ces études a incité des chercheurs à évaluer de nouveau l’éventuelle relation entre exposition à la dioxine (via l’alimentation) et le risque de cancer du sein à travers la cohorte prospective de l’Étude Épidémiologique menée auprès des femmes de la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale (E3N). Aucune association n’a été mise en évidence. D’où cette nouvelle analyse de cas-témoins nichés dans la cohorte E3N et limités à la région Rhône-Alpes, évaluant cette fois-ci l’association entre la pollution aérienne à la dioxine et le cancer du sein. 

Principaux résultats

Au total 429 cas de cancer du sein invasif et 716 cas contrôles ont été inclus dans les analyses. La durée moyenne entre le recrutement et le diagnostic de cancer du sein était de 8,7 ans environ, et l’âge moyen lors du diagnostic de 58 ans. Les femmes « cas » pratiquaient globalement moins d’activité physique que les « témoins », et étaient plus susceptibles d’avoir un plus haut niveau d’éducation, d’avoir eu des premières règles plus tôt et d’être plus âgées lors de leur première grossesse à terme. Les antécédents familiaux de cancer du sein, ou personnels de maladie en lien avec les seins et la réalisation de mammographie étaient plus fréquents chez les sujets « cas » que chez les « témoins ». 

  • L’exposition moyenne cumulée était sensiblement la même entre les deux groupes.
  • Aucune augmentation du risque de cancer du sein n’a été mise en évidence dans le groupe le plus exposé à la dioxine (Quintile 5, Q5) versus le plus faiblement exposé (Q1) (p=0,81) que ce soit au global ou en fonction du statut spécifique en récepteurs hormonaux du cancer du sein.
  • Une augmentation statistiquement significative du risque de cancer du sein a été observée dans le Q2 par rapport au Q1 de manière globale (odes ratio (OR) 1,612 [1,042-2,493]) et plus spécifiquement de cancer du sein ER-positif (OR 1,843 [1,033-3,292]).
  • Même si le statut ménopausique ne modifiait pas l’association au global, une augmentation significative du risque de cancer du sein a également été retrouvée pour le Q2 versus Q1 chez les femmes post-ménopausées à la date index (OR 1,594 [1,078-2,356]), mais aucune association n’a été observée en pré-ménopause. 

Limites méthodologique

L’exposition à la dioxine n’a pas été directement mesurée dans le sang ni dans les tissus adipeux, mais a été évaluée à partir de différents paramètres.