La recherche évolue vers une approche thérapeutique personnalisée des MICI

  • Biasci D & al.
  • Gut
  • 27 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une équipe de chercheurs britanniques vient de développer, d’optimiser et de valider un biomarqueur basé sur l’expression de gènes sanguins permettant de prédire la progression de la maladie de Crohn (MC) ou de la rectolite hémorragique (RCH). Ces premières données sont intéressantes car elles pourraient ouvrir la voie à une prise en charge plus individualisée de ces maladies.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

De précédents travaux ont montré qu’il existait des sous-groupes de patients atteints de MC et RCH non cliniquement différents à l’inclusion mais qui présentaient dans le temps une évolution contrastée de la maladie, notamment en terme de délai avant une nouvelle poussée inflammatoire et d’escalade thérapeutique. Ces sous-groupes MICI-hi (hi pour high) et MICI-lo (lo pour low) se distinguent par la signature transcriptomique des cellules lymphocytes CD8. Or, il est difficile de réaliser ces analyses en pratique clinique    . 

Méthodologie

Des patients ayant une MICI active ont été recrutés avant d’être traités. Des analyses transcriptomiques ont été réalisées à partir des lymphocytes CD8 de ces patients et/ou de sang total. Un système d’intelligence artificielle a identifié des groupes de gènes dits « classificateurs » permettant de recréer les sous-groupes MICI-hi et MICI-lo à partir d’échantillons sanguins. Des comparaisons ont été réalisées sur une première cohorte pour laquelle des données transcriptomiques de lymphocytes CD8 et un échantillon d’ARN de sang total étaient disponibles. Au total, 39 gènes candidats ont été identifiés par intelligence artificielle à partir de ces échantillons sanguins et, suite à une optimisation par PCR quantitative, 17 ont été déterminés comme étant les meilleurs « gènes classificateurs ». Puis, deux cohortes indépendantes (66 patients atteints de la MC et 57 de RCH) ont été utilisées pour valider l’utilisation de ces 17 gènes. Ces patients MC et RCH classés en MICI-hi/MICI-lo en fonction de la présence des 17 gènes et ont été suivis de manière      prospective.

Principaux résultats

Les patients MICI-hi et MICI-lo ont présenté des évolutions très différentes de la maladie :

  • Les patients MICI-hi avaient une maladie plus agressive qui nécessitait une escalade thérapeutique plus rapide, dès les 18 premiers mois (immunomodulateurs, biothérapies ou chirurgie) par rapport aux patients MICI-lo.
  • Ces données sont intéressantes car on sait qu’il existe une fenêtre thérapeutique à ne pas manquer pour traiter les patients atteints d’une forme agressive de MICI.
  • La sensibilité de ce test était de 72,7% pour la MC et 100% pour la RCH et la valeur prédictive négative de 90,9% pour la MC et de 100% pour la      RCH.

Principales limitations

Les patients étaient traités à la discrétion du clinicien. Il ne s’agit pas d’une étude interventionnelle.