La radiothérapie pelvienne limite-t-elle vraiment la survenue d’un second cancer primitif du rectum ?

  • Eur J Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude publiée dans l’European Journal of Cancermontre que les patients traités par radiothérapie pour un premier cancer pelvien ont globalement plus de risque de développer un second cancer primitif au niveau rectal. Les risques ne sont cependant pas identiques en fonction du premier cancer. Le sur-risque serait particulièrement augmenté chez les sujets ayant eu un premier cancer de la prostate, plus modestement en cas de premier cancer de l’endomètre, et à l’inverse le risque serait réduit si le premier cancer était un cancer de la vessie.

Pourquoi ces données sont intéressantes ?

Les sujets qui ont déjà développé un premier cancer, sont plus susceptibles d’en développer un second. Cela dépend de nombreux facteurs notamment, du style de vie, de la susceptibilités génétique et des traitements reçus. Les données de la littérature sont contradictoires en ce qui concerne le sur-risque de cancer du rectum après radiothérapie suite à un premier cancer primitif. Cette étude met en évidence à partir d’un large registre que les risques diffèrent en fonction du type de premier cancer. Les auteurs expliquent ces différences notamment par une susceptibilité génétique particulière, par la dose de radiation utilisée et la localisation de la radiation.

Protocole de l’étude

Des patient traités pour un premier cancer primitif pelvien entre 1989 et 2007 identifiés dans un registre de cancer des Pays-Bas ont été inclus dans cette étude. Tous les patients ayant été traités pour plusieurs cancers ont été exclus. 

Principaux résultats

Au total, 192.658 patients traités pour un cancer pelvien ont été inclus dans l’étude, dont 62.630 traités par radiothérapie. La tumeur primitive était localisée au niveau de la prostate pour 50,1% des sujets, de la vessie chez 19,2%, de l’endomètre pour 13,9%, des ovaires pour 10,0%, du col de l’utérus pour 6,4% et du vagin pour 0,4%. Le faible pourcentage de sujets concernant ces trois derniers types de cancer n’ont pas permis de réaliser des analyses robustes spécifiques.

Sur une durée médiane de suivi de 6 ans, 1.369 sujets ont développé un cancer du rectum. Les analyses ont montré une augmentation du risque de cancer du rectum de 72% chez les sujets précédemment traités par radiothérapie pour leur cancer pelvien (hazard ratio 1,72 [1,55-1,91]). Ce sur-risque variait cependant en fonction du type du cancer primitif précédemment traité par radiothérapie. Le risque de cancer primitif rectal était augmenté de 89% lorsque le premier cancer traité par radiothérapie était un cancer de la prostate, de 50% lorsqu’il s’agissait d’un cancer de l’endomètre. Et, en revanche, le risque de cancer primitif du rectum était diminué de 33% lorsque le premier cancer était un cancer de la vessie. Autre point important, la survie des patients ayant développé un second cancer primitif au niveau du rectum n’était pas différente entre ceux qui avaient ou non reçu un premier traitement par radiothérapie en amont.

Principales limitations

Aucune donnée n’était disponible sur des facteurs potentiellement prédisposant à la survenue d’un second cancer, comme une susceptibilité génétique, des habitudes de vie…