La radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité : alternative à la radiothérapie conventionnelle ?

  • Sci Rep

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les résultats intermédiaires d’une étude prospective menée au Centre Oscar Lambret de Lille montrent que la radiothérapie par modulation d’intensité (RCMI) pourrait être une alternative intéressante par rapport à d’autres techniques chez les patientes atteintes de cancer du sein et nécessitant une irradiation complexe du sein avec ganglions lymphatiques volumineux. Les résultats à long terme sont maintenant attendus pour confirmer ces données.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La radiothérapie est recommandée dans le traitement du cancer du sein avec atteinte ganglionnaire, après chirurgie conservatrice et mastectomie. La radiothérapie externe conformationnelle 3D est le traitement standard, mais présente des risques d’évènements indésirables. La radiothérapie avec modulation d’intensité est une technique concentrant la dose de rayons sur le volume de la tumeur cancéreuse, épargnant ainsi les tissus et organes environnants. Cette technique pourrait apporter quelques avantages par rapport à la radiothérapie conventionnelle après chirurgie conservatrice, notamment en termes de toxicité. Mais les trois essais cliniques ayant comparé ces deux techniques ont présenté certaines limitations. D’où l’intérêt de l’étude présentée ici qui a évalué la toxicité cutanée, œsophagienne et mammaire, aiguë et à moyen terme, d’un traitement adjuvant par RCMI

Méthodologie

Cette étude prospective, monocentrique a inclus des femmes adultes ayant un cancer du sein prouvé histologiquement et devant subir un traitement par radiothérapie adjuvante après une mastectomie partielle ou totale, avec ou sans irradiation des ganglions lymphatiques axillaires. Les patientes ayant une maladie métastatique ou une forme sévère ou non contrôlée étaient exclues. La dose d’irradiation était de 50 Gy (25 fractions x 2 Gy) sur le sein durant 5 semaines (5 irradiations/semaine), avec des compléments d’irradiation au lit chirurgical de 60 Gy (25 fractions x 2,4 Gy) après traitement conservateur. Les patientes incluses présentaient des volumes complexes pour lesquels la RT 3D ne permettait pas une bonne couverture du volume cible. L’objectif fixé était de faire en sorte que 95% du volume à irradier reçoive 95% de la dose prescrite.

Principaux résultats

Au total 109 patientes ont été incluses au Centre Oscar Lambret de Lille entre novembre 2014 et avril 2016. La dose médiane prescrite était de 50 Gy et la dose complémentaire au lit chirurgical de 10 Gy. La durée médiane du traitement était de 36 jours et la durée médiane du suivi de 13,1 mois depuis le début de la RT, et de 11,9 mois depuis la fin de la RT.

Les résultats présentés ici concernent des analyses intermédiaires. 

  • La toxicité aiguë (au moment de la radiothérapie et durant le 1er mois de suivi) était principalement cutanée (95,9%) et œsophagienne (59,6%) et la plupart de ces évènements étaient de grade 1 ou 2. Parmi les évènements cutanés, 90,1% concernaient des radiodermites et 67,8% une hyperpigmentation. Seuls 2 évènements de radiodermite de grade 3 ont été notifiés.
  • Le taux de toxicité cutanée à moyen terme (à 6 mois de suivi) était de 25,6% (principalement de grade 1) et la toxicité œsophagienne à moyen terme était rare (1,8%). La toxicité oesophagienne s’est révélée être associée à des facteurs dosimétriques. 

La qualité de vie était préservée durant toute l’étude et les critères esthétiques suivis plutôt bons. Les scores de santé globale à 1, 6 et 12 mois de suivis étaient significativement supérieurs par rapport à l’inclusion (p

Ainsi, sur la base de ces premiers résultats, la RCMI pourrait être une alternative intéressante à d’autres techniques chez les sujets qui nécessitent une irradiation complexe du sein et qui présentent des ganglions lymphatiques volumineux.