La radiochirurgie, une option efficace dans les névralgies trigéminales réfractaires

  • Dr Catherine Faber

  • JIM Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

En cas d'échec du traitement médical de la névralgie du trijumeau (NT), plusieurs techniques neurochirurgicales peuvent être proposées, notamment la radiochirurgie stéréotaxique par gamma knife (RCGK). Dans les cas réfractaires au traitement médical et/ou chirurgical, l'intérêt de la RCGK se traduit par un taux de réponse élevé, une bonne tolérance et une morbidité limitée. C'est ce que montre une étude sur 151 traitements pratiqués chez 149 malades âgés en moyenne de 70 ans et suivis pendant une durée moyenne de 27 mois.

Quatre-vingt-trois pour cent des participants présentaient une NT typique et 10 % une sclérose en plaques (SEP) ; 34 % avaient déjà bénéficié, sans succès, d'un traitement chirurgical, le plus souvent une décompression microvasculaire (47 %) ou une thermocoagulation du nerf trijumeau par radiofréquence (33 %). Les effets du traitement, avec une dose de 40 Gy chez 99 % des patients, ont été évalués à l'aide de l'échelle BNI (Barrow Neurologic Institute).

La RCGK a permis de soulager la douleur dans 92 % des cas : passage d'un score BNI IV (douleur non contrôlée par le traitement médical) ou V (douleur sévère/absence d'amélioration de la douleur) à un BNI de I (pas de douleur ni de traitement), II (douleur occasionnelle ne nécessitant pas de traitement) ou III (douleur contrôlée par le traitement). Des récidives de la douleur dans un délai médian de 12 mois, ont été observées chez 32 % des patients. Après un retraitement chez 27 malades, les résultats sont considérés comme acceptables par les auteurs, avec un taux de soulagement de la douleur de 73 % à 1 an et de 65 % à 2 ans.

Dans la cohorte, respectivement 76 %, 69 % et 60 % des patients étaient indemnes de douleur à 1, 2 et 3 ans. Au terme du suivi, le taux de soulagement de la douleur était de 65 % dans le groupe des patients avec un BNI prétraitement de IV et de 57 % en cas de BNI initial de V. L'âge égal ou supérieur à 70 ans constitue un autre facteur prédictif d'une meilleure amélioration de la douleur. Aucun des éléments suivants n'a eu d'influence significative sur l'efficacité de la RCGK : le type de NT, une chirurgie antérieure, la SEP, le nombre d'isocentres, la longueur du nerf ciblé, la distance entre l'émergence du nerf et l'isocentre. Enfin, le seul effet indésirable répertorié après le premier traitement est un engourdissement facial, observé chez 25 % des patients.

Comme le font remarquer les auteurs, ces résultats viennent compléter les données actuelles sur l'intérêt de la RCGK dans la NT, mais ils devront être confirmés par des études randomisées.