La puberté, évènement clé dans la survenue de la rhinite allergique et de l’asthme

  • Hohmann C & al.
  • BMJ Open Respir Res
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une large méta-analyse menée à partir de cinq cohortes prospectives européennes, regroupant plus de 18.000 sujets, a permis de confirmer que la prédominance masculine de la rhinite allergique et de l’asthme, seuls ou associés, chez les enfants disparaît au profit d’un sex ratio plus équilibré après la puberté. Cela permettrait d’expliciter les différences d’incidence observées entre l’enfance et l’âge adulte. Cette étude montre aussi que le phénomène est plus particulièrement spécifique pour les formes non dépendantes des IgE.

Ce résultat soutient l’idée que les modifications hormonales chez la fille auraient une influence sur le développement de l’asthme, sans qu’il soit possible d’en indiquer pour l’heure le mécanisme exact.

Plus de 18.000 jeunes européens suivis sur près de 20 ans

Cette étude est une méta-analyse de cinq cohortes de naissance européennes collaborant au projet européen MeDALL ( Mechanisms of the Development of Allergy ) et issues de trois pays (Suède, Allemagne, Pays-Bas) avec un suivi ayant duré jusqu’à 20 ans. Dans ce cadre, des questionnaires ont été soumis aux parents au cours du temps, dans lesquels ils devaient rapporter si les enfants avaient présenté des signes cliniques spécifiques de l’asthme et/ou de la rhinite allergique, un diagnostic ou un traitement de l’une et/ou l’autre de ces maladies. La date de la puberté était établie par ailleurs à partir de la réponse aux questionnaires PDS ( Pubertal Development Scale ).

Un risque réduit jusqu’à 40% chez les filles prépubères

Concernant l’asthme, les filles présentaient un risque significativement plus faible que les garçons avant la puberté (HR 0,67 [0,61-0,74]) alors qu’après la puberté, la différence n’était plus significative (HR 0,84 [0,64-1,10]).

De la même façon, les filles présentaient un risque significativement plus faible de rhinite allergique que les garçons avant la puberté (HR 0,73 [0,69-0,78]) alors qu’après la puberté, la différence n’était plus significative (HR 0,90 [0,79-1,02]). Cependant, la prédominance masculine persistait chez les garçons après la puberté pour les seules formes IgE-dépendantes.

Enfin, la coexistence des deux pathologies suivait le même schéma, avec un risque inférieur chez les filles en période prépubertaire (HR 0,58 [0,51-0,66]) devenant non significatif ensuite (HR 0,84 [0,63-1,13]).