La procréation médicale assistée et les risques périnataux

  • Goisis A & al.
  • Lancet
  • 14 janv. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude publiée dans The Lancet, confirme que les enfants issus de procréation médicale assistés (PMA : fécondation in vitro, induction d’ovulation, injection intracytoplasmique de sperme) ont plus de risque d’avoir des conséquences périnatales délétères que les enfants conçus naturellement. Cette étude apporte cependant un complément d’information important, à savoir que ce risque accru serait largement attribuable à d’autres facteurs que la PMA elle-même puisqu’il est fortement atténué lorsque l’on compare les risques des enfants issus de la même fratrie selon qu’ils ont été conçus par PMA ou naturellement. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il est admis que les grossesses multiples favorisées par la PMA augmentent par 10 à 20 le risque de conséquences délétères pour l’enfant à la naissance. Cependant, les mécanismes sous-jacents de cette différence de risque ne sont toujours pas totalement élucidés. Ainsi, en évaluant pour la première fois des enfants issus de la même fratrie conçus par PMA ou naturellement, cette étude ouvre de nouvelles perspectives de compréhension et de recherche sur les disparités évoquées. 

Méthodologie

Pour réaliser cette étude, les chercheurs se sont basés sur les données de registres administratifs finlandais couvrant un échantillon aléatoire de 20% des ménages ayant au moins un enfant de 0 à 14 ans à la fin de l’année 2000. Les analyses portaient sur l’évaluation du poids à la naissance, l’âge gestationnel, le risque d’insuffisance pondérale à la naissance et le risque d’accouchement prématuré. Les analyses ont d’abord estimé la variation de ces critères en fonction du mode de conception dans la population générale en tenant compte de facteurs tels que de la présence ou non d’une grossesse multiple, de l’ordre de naissance et des caractéristiques sociodémographiques des parents. Puis, une approche comparative a été menée entre les enfants issus de conception médicale assistée et leurs frères et sœurs conçus naturellement. 

Principaux résultats

À partir de l’échantillon aléatoire de 65.723 individus, 2.776 (4%) des enfants conçus par PMA ont été identifiés et 1.245 enfants ont été inclus dans les analyses comparatives de fratries. Les résultats ont confirmé ce que la littérature laissait déjà transparaître, à savoir que les enfants issus de PMA présentaient plus de conséquences délétères (sur l’ensemble des critères évalués) que ceux conçus naturellement, et cela, même après ajustement sur les caractéristiques observées de l’enfant et des parents. Ainsi, la différence de poids de naissance entre les deux populations d’enfants était de -60 g, la différence d’âge gestationnel de -2,0 jours, le risque de faible poids à la naissance était augmenté de 1,61 points de pourcentage et le risque de naissance prématurée était augmenté de 2,15 points de pourcentage, en défaveur des enfants issus de PMA.

Les écarts sur l’ensemble des critères d’évaluation suivis étaient atténués lorsque les analyses ont comparé les enfants issus de PMA avec leurs frères ou sœurs conçus naturellement. La différence de poids à la naissance n’était plus que de 31 g, la différence d’âge gestationnel de -1,3 jours, la différence de faible poids à la naissance de 1,42 points de pourcentage et la différence de risque de prématurité plus que de 1,56 points de pourcentage toujours en défaveur des enfants issus de la PMA.

Principales limitations

  • L’utilisation d’une méthode comparative de fratrie conduit à s’intéresser à des familles dont les parents pourraient recevoir des traitements moins lourds puisqu’ils sont plus susceptibles de pouvoir procréer naturellement.
  • La durée des traitements de PMA n’était pas considérée dans les analyses.