La prise d’un antidépresseur par le père durant la période de conception a-t-elle un impact sur l’enfant ?

  • Viktorin A & al.
  • BMJ
  • 8 juin 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

La prise d’un antidépresseur par un père durant la période de conception semble sans risque de naissance avant terme, de malformations, d’autisme ou de troubles intellectuels pour l’enfant.

Pourquoi est-ce important ?

Certaines données de la littérature ont pu suggérer que la prise d’antidépresseur par le père pouvait affecter la qualité du sperme. De fait, il était important de pouvoir évaluer l’impact de la prise de ce type de médicament par le père en période de conception sur le devenir de l’enfant. En pratique clinique, ces informations sont importantes pour juger des risques encourus lorsqu’un homme est sous antidépresseur et qu’une grossesse est envisagée par le couple. 

Principaux résultats

Cette cohorte a inclus 3.983 enfants nés de pères ayant reçu un traitement antidépresseur durant la période de conception (c’est-à-dire entre 4 semaines avant la conception et jusqu’à 4 semaines après). Un groupe contrôle était constitué de 164.492 enfants dont les pères n’avaient pas été exposés à un antidépresseur durant la période de conception.

Le fait que les pères aient été traités par un antidépresseur durant la période de conception n’a pas été associé à une naissance avant terme (odds ratio (OR) 0,91 [0,79-1,04]), ni à des malformations chez l'enfant (OR 1,06 [0,90-1,26]) par rapport aux enfants dont les pères n’avaient pas été exposés.

De même, aucune association n’a été mise en évidence entre l’exposition paternelle à un antidépresseur durant la période de conception et le développement de l’autisme (hazard ratio ajusté (HRa) 1,13 [0,84-1,53]), ou un déficit intellectuel (HRa 0,82 [0,84-1,53]).

Des résultats similaires ont été mis en évidence chez les pères qui avaient initié un traitement durant la grossesse, en dehors cependant, des troubles intellectuels qui étaient augmentés dans ces circonstances chez les enfants par rapport aux enfants dont les pères n’avaient pas pris d’antidépresseur durant la grossesse (HRa 1,66 [1,06-2,59]).

Méthodologie

Cette étude de cohorte observationnelle prospective a été menée en Suède chez 170.508 enfants conçus à partir du 29 juillet 2005 et nés en 2006-2007, puis suivis jusqu’à l’âge de 8-9 ans (c’est-à-dire jusqu’en 2014). Cette étude était limitée aux naissances en vie, de fait, l’association entre l’utilisation d’antidépresseurs chez le père et la survie fœtale n’a pas pu être évaluée.