La prévalence de l’infection à SARS-CoV-2 est-elle sous-estimée ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Entre mai et juillet 2020, 1.847 collaborateurs volontaires travaillant sur trois sites de l’Institut Curie (Paris, Saint-Cloud, Orsay) ont participé à une étude sérologique en partenariat avec l’Institut Pasteur. L’objectif de cette étude (Curie-O-SA) était d’évaluer la prévalence de l’infection et sa corrélation avec la présentation de symptômes. Un suivi sur 6 mois visait à établir l’évolution de l’immunité pour ceux qui avaient été préalablement infectés.

La séroprévalence, comprise entre 11 et 16% est probablement sous-estimée

Les prélèvements ont été réalisés à 14 jours minimum de distance de tout symptôme potentiellement évocateur de l’infection et les anticorps spécifiques recherchés par technique ELISA, LuLISA (plus sensible) et un test de neutralisation du virus. Seules les IgG ont été dosées, les techniques de dosage des IgM et des IgA étant non disponibles à cette période.

Parmi les 1.847 volontaires testés (77,4% de femmes, âge moyen 38 ans, 72,7% de professionnels de santé, sans sur-risque d’infection lié à une exposition spécifique), 215 personnes étaient séropositives au SARS-CoV-2. Par autoquestionnaire, 79% d’entre eux avaient indiqué avoir présenté des symptômes (contre 51% des sujets séronégatifs). Ils avaient notamment été 52% à déclarer avoir eu une anosmie ou agueusie (contre 3% des séronégatifs). Cependant, 30% de ceux qui avaient présenté ces symptômes associés à d’autres manifestations typiques du COVID-19 durant la période épidémique étaient séronégatifs. Enfin, 5% des personnes qui avaient pu bénéficier d’un test RT-PCR positif au cours de la pandémie ne présentaient pas d’anticorps spécifiques.

Aussi, si cette étude présente quelques limitations (test exclusif des IgG, biais de sélection de personnes volontaires, lancement de l’étude à distance du pic épidémique régional), elle suggère que la prévalence de l’infection est probablement supérieure à celle suggérée par les tests de séroprévalence.

Baisse du taux d’anticorps neutralisants, mais...

Cette hypothèse est confirmée par la seconde partie de l’étude qui s’est intéressée à l’évolution de la cinétique des taux d’anticorps anti-SARS-CoV-2. Les prélèvements sérologiques, réalisés 4 à 8 semaines à distance des premiers, montrent une diminution significative du taux d’anticorps et de la capacité de neutralisation du sérum parmi les patients séropositifs (entre 17 et 31% selon la spécificité de l’anticorps pour les trois quarts des patients). Cependant, les auteurs soulignent la persistance des cellules T et B mémoires qui ont un rôle dans la réponse immunitaire. Cette étude va être prolongée pendant un an.