La pollution automobile, facteur de risque pour la DMLA


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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De nombreux travaux ont montré un lien entre la pollution atmosphérique due au trafic routier et des pathologies cardiovasculaires et neurologiques. Une équipe taïwanaise vient de publier un travail montrant qu’il existe également une association entre cette pollution et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA).

Pour ce faire, elle a croisé les données d’un programme d’assurance santé portant sur les années 2000 à 2010 avec des relevés des concentrations en NO2 (dioxyde d’azote), marqueur de la pollution automobile, et en CO (monoxyde de carbone). Au total, elle a inclus 39.819 personnes âgées d’au moins 50 ans et vivant pour la plupart dans des zones fortement urbanisées (30% de l’échantillon) ou modérément urbanisées (32,5%). Pendant la période de suivi, 1.442 personnes ont développé une DMLA.

Les résultats sont éloquents en ce qui concerne les personnes vivant dans les zones les plus polluées. Les personnes vivant dans une atmosphère contenant au moins 9.825,5 ppb (nombre de particules concernées sur un milliard de particules au total) de NO2 avaient un risque presque doublé (augmentation de 91%) de développer une DMLA par rapport à celles vivant dans une atmosphère en contenant au maximum 6.563,2 ppb. Celles vivant dans une atmosphère contenant plus de 297,1 ppm de CO avaient un risque 84% supérieur de développer une DMLA par rapport à celles vivant dans une atmosphère en contenant au maximum 195,7 ppm. De plus, le taux d’incidence de DMLA était le plus élevé (5,8%) dans les zones les plus polluées en CO.

En revanche, pour les taux d’exposition au NO2 et au CO intermédiaires, il n’y avait pas d’augmentation du risque de DMLA.

S’agissant d’une étude observationnelle, les auteurs se gardent d’établir un lien de cause à effet. De plus, ils notent que leur analyse ne porte pas sur certains facteurs de confusion, en particulier le tabagisme, dont on sait qu’il est plus important dans les secteurs les moins favorisés de la population, qui vivent souvent dans les zones les plus urbanisées et les plus polluées.