La peste de retour ?

  • Dr Muriel Macé

  • JIM Actualités médicales
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La peste, l'un des plus grands fléaux de l'Histoire, sévit toujours de nos jours et fait partie des maladies actuellement ré-émergentes dans le monde. Au cours du XXème siècle, l'utilisation de traitements antibiotiques et le renforcement des mesures de santé publique ont réduit très fortement la morbidité et la mortalité dues à cette maladie, mais n'ont pas permis de la faire disparaître. Yersinia pestis, l'agent de la peste peut être considéré comme l'une des bactéries les plus pathogènes pour l'homme. Cette zoonose est transmise à l'homme après piqûre par des puces de rongeurs infectés.

L'augmentation significative du nombre de cas humains depuis le début des années 90 et la réapparition de la maladie dans des zones où elle était silencieuse depuis des décennies font considérer la peste comme une maladie actuellement ré-émergente dans le monde : ainsi, en Algérie, elle s'est à nouveau manifestée en 2003 puis en 2008, bien qu'absente depuis la grande épidémie de 1945 (décrite par Camus). En 2009, l'Organisation Mondiale de la Santé comptabilisait 21 725 cas de peste (dont 1 612 mortels) dans 16 pays (97 % des cas provenant du continent africain). Madagascar, après avoir été leader dans la décennie précédente, a cédé cette place peu enviable à la République Démocratique du Congo (plus de 1 000 cas par an), qui a connu deux épidémies en 2005 et 2006 dans des mines d'or et de diamant, et pour qui la guerre civile et les déplacements de population ont favorisé l'endémie.

De nombreux pays développés, rapportent régulièrement de nouveaux foyers épidémiques, tels que la Russie ou les Etats Unis, notamment dans les parcs nationaux de l'Ouest.

La France est épargnée depuis 1945 (dernier cas en Corse) et la maladie a disparu de l'Union européenne.

Par chance, les antibiotiques d'intérêt restent actifs sur le bacille. Des essais vaccinaux sont en cours, qui permettent d'espérer pour la prochaine décennie un vaccin à destination des militaires, personnels exposés (en laboratoire ou professionnels de la vie sauvage), et voyageurs en zone d'endémie.