La motivation au changement des habitudes de vie pourrait être particulièrement favorable juste avant un traitement de l’infertilité

  • van Dammen L & al.
  • PLoS ONE
  • 1 janv. 2018

  • de Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude montrent que chez les femmes obèses infertiles, une intervention sur les habitudes de vie durant 6 mois avant un traitement de l’infertilité améliorerait les paramètres liés à la santé cardio-métabolique et la qualité de vie physique. La modification des habitudes de vie avait pour objectifs, une perte de poids, des apports nutritionnels réduits et la pratique d’une activité physique régulière. Un accompagnement face-face et téléphonique ou mail complétait le programme. Si l’impact du programme de modification des habitudes de vie n’a induit que de faibles variations des différents paramètres suivis, le risque de syndrome métabolique, lui, a été diminué de moitié chez les femmes ayant suivi le programme, par rapport à celles qui n’en ont pas bénéficié.

Pourquoi est-ce important ?

L’obésité est un facteur de risque cardio-métabolique important et en augmentation chez les femmes. L’amélioration des habitudes de vie constitue la première étape de la prise en charge de l’obésité mais dépend de facteurs clés de succès tels que le temps et la motivation. La période pré-grossesse pourrait constituer une fenêtre d’opportunité pour l’amélioration de la santé et de la qualité de vie chez les femmes obèses présentant des troubles de la fertilité.

Principaux résultats

Des femmes obèses en attente d’un traitement de l’infertilité ont été randomisées (1:1) en deux groupes : un groupe témoin qui bénéficiait directement du traitement de l’infertilité et un groupe ayant suivi un programme de modification des habitudes de vie durant 6 mois avant de bénéficier d’un traitement de l’infertilité. Le programme de modification des habitudes de vie avait pour objectif une perte de poids de 5 à 10% du poids initial ou l’atteinte d’un IMC 2 ; la réduction des apports alimentaires de 600 kcal avec un minimum d’apport fixé à 1.200 kcal/j ; le suivi de sessions d’accompagnements motivationnels d’environ 30 min (4 le 1er mois, 2 les 3 derniers mois) ainsi que 4 sessions téléphoniques ou par e-mail et la pratique d’une activité physique modérée à intense au moins 2 à 3 fois/semaine associée à la réalisation d’au moins 10.000 pas/j (mesurés par podomètre).

Par rapport aux femmes témoins, les femmes ayant suivi le programme de modification des habitudes de vie, ont bénéficié d’une différence de -3,1 kg pour le poids (p2 pour l’IMC (p

L’odes ratio pour le syndrome métabolique à l’issue des 6 mois était de 0,53 [0,33-0,85], pvs le groupe témoin. Le score moyen de la qualité de vie physique auto-déclarée par les patientes était significativement supérieur dans le groupe intervention que dans le groupe témoin (2,2 [0,9-3,5], p=0,001) ; en revanche le score moyen de la qualité de vie mentale ne différait pas entre les deux groupes.

Méthodologie

Les critères cardio-métaboliques évalués incluaient le poids, la circonférence à la taille et aux hanches, l’IMC, la pression artérielle systolique et diastolique, la glycémie et l’insulinémie à jeun, l’HOMA-IR, le taux de CRP-hs, ainsi que les troubles lipidiques et métaboliques. Toute ces mesures ont été pratiquées à l’inclusion, à 3 et 6 mois. La qualité de vie a également été auto-évaluée à 12 mois.

Limitations

La méthodologie même de l’essai a contribué aux pertes de données, les femmes débutant une grossesse durant les six premiers mois après l’inclusion étant exclus des analyses et mesures physiques.