La marche rapide réduit la mortalité toutes causes et cardiovasculaire

  • Stamatakis E & al.
  • Br J Sports Med
  • 1 juin 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une nouvelle étude confirme un effet bénéfique de la marche sur la santé. Une association claire est mise en évidence entre rythme de marche et mortalité toutes causes d’une part, et cardiovasculaire d’autre part (mais non par cancer). Les sujets qui marchent à rythme moyen ou rapide ont une mortalité diminuée de plus de 20% par rapport à ceux qui marchent plus lentement. Ces résultats incitent à encourager la pratique de la marche rapide dans les messages de santé publique, en particulier lorsqu’il n’est pas possible d’augmenter la durée ou la fréquence de marche.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les méta-analyses d’études de cohortes ont rapporté que le fait de marcher régulièrement était associé à une réduction du risque de mortalité toutes causes et cardiovasculaire par rapport à des sujets non actifs. Les résultats sont cependant moins clairs concernant l’association entre pratique de la marche et mortalité par cancer. De plus, plusieurs études ont suggéré que l’intensité de la pratique serait susceptible d’en augmenter les bénéfices. Mais la contribution du volume d’activité physique (durée ou distance) et de l’intensité restent mal établie. Une équipe de l’Université de Sidney a donc entrepris d’explorer l’association entre rythme de marche et mortalité toutes causes, mortalité cardiovasculaire et par cancer.

Méthodologie

Cette analyse prospective a poolé les données de 11 cohortes issues des études HSE et sHeS réalisées en Angleterre et en Écosse entre 1994 et 2008. Elle a examiné l’association entre rythme de marche et la mortalité toutes causes, par cancer et cardiovasculaire chez des sujets âgés de 30 ans ou plus et ayant déclaré avoir marché au moins 1 fois au cours des 4 semaines précédant l’inclusion. Pour être inclus, ces sujets ne devaient présenter aucune maladie cardiovasculaire, AVC ou cancer diagnostiqués ou déclarés. L’activité physique domestique ou sportive au cours des 4 dernières semaines était évaluée par questionnaire au cours d’un entretien avec un enquêteur (volume d’activité physique en MET-h/sem, suivi des recommandations d’activité physique, rythme de marche habituel (lente, moyenne, plutôt rapide ou rapide). Les événements concernant la mortalité était ensuite analysés tout au long de la période de suivi.

Résultats

  • Les données de 50.225 sujets ont été incluses dans l’analyse, avec une durée moyenne de suivi de 9,2 ans.
  • Le fait de pouvoir marcher à rythme moyen ou rapide a été associé à une réduction du risque de mortalité toutes causes de 20% et 24% respectivement, par rapport à ceux qui marchaient lentement. Et cette réduction était de 24% et 21% respectivement pour la mortalité cardiovasculaire. En revanche, des rythmes de marche moyens ou rapides n’ont pu être associés à une réduction significative du risque de mortalité par cancer.
  • Selon l’analyse de sensibilité, cette association était plus fortement observée chez les sujets de plus de 50 ans, chez ceux qui ne suivaient pas les recommandations d’activité physique (150 min d’activité modérée ou 75 min d’activité intense par semaine) et chez ceux qui n’avaient pas d’activité physique intense.
  • De plus, il existait une interaction significative entre rythme de marche et volume d’activité physique, ainsi qu’avec l’intensité la plus élevée atteinte.

Limitations

Le rythme de marche, comme les autres paramètres d’activité physique, étaient déclarés par les participants et donc sujets à biais.

La nature transversale des études HSE et sHeS ne pouvaient tenir compte des évolutions des pratiques de marche dans le temps.