La manipulation vertébrale, efficace sur la lombalgie chronique de l’adolescent

  • Evans R & al.
  • Pain
  • 1 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Pour la première fois, une étude clinique randomisée a comparé deux approches non pharmacologiques de prise en charge de la lombalgie chronique de l’adolescent : elle a montré que l’association de la manipulation vertébrale à un programme d’exercices était plus efficace que le programme seul, après 52 semaines de suivi. De façon intéressante, la différence entre les deux bras était faible à l’issue du programme de manipulation vertébrale (12 semaines), mais se renforçait progressivement après 6 et 12 mois au cours desquels le programme était maintenu. Ce résultat suggère que les deux approches sont complémentaires mais reposent sur des mécanismes sous-jacents différents.
  • Si ces données sont encourageantes pour envisager un moindre recours aux traitements pharmacologiques de première intention, elles invitent également à mener des études complémentaires.

Pourquoi est-ce important ?

Souffrir de lombalgie chronique à l’adolescence constitue un facteur de risque prédictif d’en souffrir à l’âge adulte. Or, aux Etats-Unis, cette pathologie est souvent prise en charge par des opioïdes, avec les risques qui leurs sont associés. Les alternatives non pharmacologiques sont donc attendues, mais elles souffrent souvent d’un niveau de preuve insuffisant. Si plusieurs études se sont déjà penchées sur son efficacité chez l’adulte, le bénéfice de la manipulation vertébrale n’a fait l’objet d’aucune évaluation chez l’adolescent, jusqu’à cette publication.

Principaux résultats

  • L’étude a été conduite chez 195 patients de 12 à 18 ans (moyenne 15,4 ans), dont 69% étaient des filles. La durée médiane de la lombalgie était de 104 semaines et sa sévérité était moyenne (5,3 sur une échelle de 0 à 10).

  • Les sujets affectés au groupe exercice + manipulation avaient plus souvent observé les séances que les autres (nombre moyen de séances : 10,8 vs 9,8). L’observance rapportée des exercices à la maison était similaire dans les deux groupes.

  • Entre les deux groupes, la différence en termes de sévérité de la douleur était faible à la fin du traitement (0,5, p=0,08) mais elle était supérieure à 6 mois et 1 an (1,1 et 0,8 respectivement, significatif).

  • L’évaluation du handicap et de l’amélioration montrait aussi de meilleurs résultats à 26 semaines dans le bras combinant les deux approches que dans le groupe ayant uniquement bénéficié du programme d’exercices.

Méthodologie

  • L’étude a recruté des sujets de 12-18 ans présentant une lombalgie chronique d’une sévérité de 3 ou plus sur une échelle de 0 à 10, depuis 2 à 12 semaines, dans un contexte d’antécédents lombalgiques. L’automédication antalgique était autorisée.

  • Ils ont été répartis entre un programme d’exercices seul ou associé à des séances de manipulation vertébrale. Le programme d’exercices regroupait une éducation à la gestion de la douleur et des activités, des exercices supervisés d’étirement et de renforcement jusqu’à 2 fois par semaine et des instructions pour pratiquer des exercices au domicile. La manipulation vertébrale était conduite par un spécialiste jusqu’à 2 jours par semaine. Ces deux interventions étaient menées durant 12 semaines et le suivi assuré durant 52 semaines.

Limitations

L’étude n’a pas été conduite en aveugle et il n’a pas été possible de distinguer l’apport spécifique des traitements du bénéfice global de prise en charge.

Financement

L’étude a reçu des fonds publics américains.