La maladie de Parkinson pourrait être plus fréquente chez les sujets souffrant de MICI

  • Zhu F & al.
  • Dig Liver Dis
  • 21 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette méta-analyse montrent que le risque de maladie de Parkinson (MP) serait augmenté de 41% chez les sujets souffrant de maladie inflammatoire des intestins (MICI), et plus spécifiquement de 28% en cas de maladie de Crohn (MC) et de 30% en cas de rectocolite hémorragique (RCH). Les études incluses étaient de grande envergure, mais peu nombreuses. Compte tenu des limitations de cette méta-analyse, ces résultats nécessitent d’être considérés avec précaution et appellent à d’autres confirmations par des études de bonne facture.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’inflammation est un processus retrouvé dans les MICI et la maladie de Parkinson. Par ailleurs, l’alpha-synucléine est impliquée à la fois dans la formation des corps de Lewy caractéristiques de la maladie de Parkinson, et a été associée à certaines infections à norovirus chez l’enfant. Enfin, une étude a récemment mis en évidence que la maladie de Crohn et la maladie de Parkinson partageaient des allèles du gène LRRK2 (leucine-rich repeat kinase 2) suggérant un lien entre les deux. Cependant, plusieurs études qui se sont intéressées à la prévalence de la maladie de Parkinson chez les sujets souffrant de maladie inflammatoire des intestins (MICI), ont conduit à des conclusions contradictoires. Cette méta-analyse vise à prendre du recul pour dégager une tendance globale à partir des données actuellement disponibles.

Méthodologie

Une revue systématique de la littérature et une méta-analyse ont été menées.

Principaux résultats

Quatre études (3 publiées en 2018 et une en 2016, menées aux Etats-Unis, Danemark, Suède et Taïwan, soit plus de 8,9 millions de patients) ont pu être identifiées et incluses dans la méta-analyse. Toutes ont évalué l’incidence de la maladie de Parkinson au sein de populations souffrant de MICI. Les résultats suggèrent que le risque global de maladie de Parkinson serait plus élevé chez les sujets souffrant de MICI que chez des sujets contrôles (ratio de risque (RR) 1,41 [1,19-1,66]). 

L’étude danoise ayant suivi plus de 76.000 individus souffrant de MICI et plus de 7,5 millions de sujets contrôles a montré une augmentation significative du risque de maladie de Parkinson chez les patients souffrant de RCH (HR 1,35 [1,20-1,52]), mais pas chez ceux souffrant de MC (HR 1,12 [0,89-1,40]). L’étude taïwanaise a montré un sur-risque de maladie de Parkinson chez les sujets souffrant de MC (1,40 [1,11-1,77]), mais pas chez ceux souffrant de RCH.

Les auteurs de la méta-analyse ont procédé à une analyse en sous-groupes et montré que par rapport à des individus contrôles, l’augmentation du risque de maladie de Parkinson atteindrait 28% en cas de MC et 30% en cas de RCH (respectivement RR 1,28 [1,08-1,52] et 1,30 [1,15-1,47]). Chez les sujets souffrant de MICI, le risque de maladie de Parkinson était plus élevé chez les hommes (+53%) que chez les femmes (+49%), et plus important chez les plus de 65 ans que chez les sujets de 65 ans et moins.

Principales limitations

  • Le nombre important de patients ayant participé ne compense que partiellement le peu d'études incluses. 
  • L’incidence de la maladie de Parkinson était très différente selon les études incluses, ce qui peut être partiellement expliqué par les différences d’accès aux soins selon les pays, d’origine ethnique et de critères diagnostiques utilisés. 
  • Enfin, aucune des études ne relatait le statut tabagique, les antécédents familiaux ou la prise de traitements.