La lutte contre le suicide du sujet âgé s’organise peu à peu

  • Kopp-Bigault C & al.
  • Encephale
  • 23 nov. 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Avec le vieillissement de la population, la dépression, l’isolement social, et les tentatives de suicide des seniors deviennent une problématique de plus en plus prégnante. Les initiatives se multiplient de par le monde pour prévenir ces évolutions et différentes stratégies se mettent en place et semblent porter leurs fruits. En France, des programmes multimodaux de prévention du suicide tels que le programme MONALISA ou VigilanS qui impliquent les professionnels de santé de proximité commencent à voir le jour.

Pourquoi est-ce important ?

Le risque suicidaire reste particulièrement élevé chez les sujets âgés, avec des taux décès de 17% chez les plus de 65 ans à travers le monde. Troubles psychiatriques, et notamment dépression, démences, addictions ou autres pathologies, les facteurs de risque associés sont multiples. Avec l’augmentation de la démographie dans cette tranche d’âge et le fait que les taux de suicide augmentent avec l’âge, la prévention du suicide devient une problématique de plus en plus prégnante et incite au repérage des personnes âgées dépressives et au développement d’actions préventives.

Le rôle essentiel des médecins généralistes

Le médecin généraliste est le professionnel de santé de proximité le plus à même de repérer la souffrance psychique des personnes âgées. Une étude a montré que près de la moitié des personnes âgées s’étant suicidées avaient consulté leur généraliste dans les 10 jours précédant leur geste et les deux tiers au cours du dernier mois, le plus souvent pour des troubles de l’humeur. Selon les données de la littérature, l’isolement relationnel et le manque de soutien social tiennent également un rôle de premier plan. C’est pourquoi l’International research group on suicide among elderly alerte sur l’importance d’actions multimodales pour la prise en charge des troubles dépressifs et la lutte contre l’isolement social. Il insiste également sur l’importance de la formation des médecins généralistes dans la prise en charge de la personne âgée suicidante.

Des initiatives en réseau

Le développement d’un réseau social de soutien par téléphone a été expérimenté dans le Nord de l’Italie et a permis de faire chuter le taux de suicide des personnes âgées. Plusieurs études ont montré que le développement de collaborations au sein du réseau de soins primaires pour une meilleure prise en charge de la dépression du sujet âgé, pouvait porter ses fruits. En France, le programme MONALISA (Mobilisation Nationale contre l’Isolement des Âgés) rassemble plus de 400 organisations qui luttent contre l’isolement social via des bénévoles de proximité. Mais les bénéfices de ce programme n’ont pas encore été évalués.

Le programme CQFDi

Le programmeCoopération Québec France contre la dépression et l’isolement (CQFDi) sera mis en œuvre en France et au Québec dès 2019. Ciblant à la fois le dépistage des personnes dépressives, une diminution de l’isolement social, une sensibilisation aux troubles de santé mentale et une aide à la recherche de soutiens auprès de professionnels compétents, il a pour objectif de mettre en place des actions francophones multimodales de prévention du suicide chez les sujets âgés, l’association de plusieurs stratégies d’action ayant apporté la preuve de son efficacité. Le dispositif VigilanS constitue l’un des exemples de ce type d’action.