La HAS s’engage à favoriser l’implication des patients dans les décisions de santé

  • Véronique Hunsinger

  • Actualités Médicales par Medscape
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Saint-Denis, France -- Relire un document d’information, donner son avis sur un questionnaire, collaborer à un programme d’éducation thérapeutique, collaborer à un binôme patient-expert…Autant de façons pour les usagers de s’engager dans les décisions qui touchent à sa santé et sur lesquelles la Haute autorité de santé (HAS) souhaite s’engager davantage.

Atteindre le plus haut niveau d’engagement possible

C’est une recommandation d’un nouveau genre qu’a publiée la HAS mardi dernier. En effet, ce nouvel « outil d’amélioration des pratiques professionnelles » vise à « soutenir et encourager l’engagement des usagers dans les secteurs social, médico-social et sanitaire [1]». Objectif : impliquer les patients dans les décisions qui les concernent dans les trois domaines énumérés ci-dessus.

Pour la HAS, « l’engagement des personnes concernées désigne toute forme d’action, individuelle ou collective, au bénéfice de leur santé, bien-être ou qualité de vie, ou de ceux de leur pairs ». Elle précise que « l’objectif est d’atteindre le plus haut niveau d’engagement possible pour chaque projet ou situation. Pour autant, il est nécessaire de tenir compte des contextes et des possibilités des personnes concernées comme des professionnels ».

L’engagement de usagers, un axe stratégique de la HAS

« L’engagement de usagers fait partie des axes stratégiques de la HAS sur la période 2019-2024 » a expliqué lors d’une conférence de presse Christian Saout, président du Conseil pour l’engagement des usagers de la HAS, une instance, créée l’année dernière, qui avait émis un premier avis en avril 2020 au sujet de l’épidémie de Covid-19. En effet, « avant de rédiger cette recommandation pour les autres, nous nous en sommes appliqués les principes à nous-mêmes en créant notamment ce conseil, a souligné Christian Saout. Celui-ci va bientôt émettre un autre avis sur l’acceptabilité du vaccin contre le Covid et nous allons organiser une rencontre des usagers sur la question de la certification des établissements de santé ».

Nouvelle impulsion

Cette recommandation de la HAS sur l’engagement des patients suit les jalons posés par la loi Kouchner de mars 2002 sur les droits des patients. « Cette loi a donné un rôle aux associations en permettant la présence des usagers dans de nombreuses institutions, a rappelé Christian Saout. Mais il était nécessaire aujourd’hui de donner une nouvelle impulsion à ce sujet pour qu’il ne soit pas abandonné car il n’y a pas que les associations de patients. L’engagement est une possibilité qui doit être offerte à tous ». Pour autant, le concept reste encore aujourd’hui « peu stabilisé » a reconnu Maryse Kerrer, cheffe de projet au sein du service de l’engagement des usagers à la HAS qui a coordonné les travaux relatifs à cette recommandation qui s’adresse à tous les champs, du sanitaire au médico-social, de la prévention à la recherche. « Nous avons décidé de rédiger un texte de recommandation assez court accompagné d’un glossaire et d’un argumentaire scientifique, ajoute-t-elle. Nous nous sommes aussi appuyés sur une enquête de terrain qui a permis de recenser 150 initiatives ».

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