La HAS apporte ses préconisations pour la poursuite du suivi des personnes VIH et la santé sexuelle


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Depuis le début de l’épidémie, les organisations en termes de prévention et de prise en charge des infections sexuellement transmissibles dont le VIH ont été bouleversées. Depuis le 11 mai, les mesures particulières qui avaient été mises en place durant le confinement sont appelées à évoluer. La HAS vient d’actualiser ses “ Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 ”  dédiées à la continuité du suivi des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et de l’offre de soins en santé sexuelle. Quelles que soient les situations considérées, les mesures barrières et de distanciation physique restent indispensables.

Concernant les PVVIH ou à risque d’acquisition du VIH, la sortie de confinement doit permettre une reprise progressive du suivi clinique, biologique et thérapeutique au rythme habituellement recommandé, en priorisant dans un premier temps les consultations présentielles dans les situations médicales complexes, et la téléconsultation pour les autres. Ce suivi doit notamment permettre de s’assurer de la poursuite du traitement antirétroviral,  de la prise en charge des comorbidités, et intégrer l’accompagnement psychosocial. Il est recommandé aux PVVIH de porter un masque chirurgical, ou à défaut grand public, pour les sorties, en cas de visiteur à domicile ou en cas de consultation médicale. Il est aussi recommandé de prolonger le plus possible le confinement des PVVIH les plus à risque (charge virale non contrôlée, CD4+ 3 , plus de 65 ans…) et leur prescrire, si nécessaire, un arrêt de travail, à défaut de possibilité de télétravail ou d’aménagements spécifiques (avec le médecin du travail). Il n’y a pas d’indication à modifier un traitement antirétroviral s’il est efficace, ni à le modifier afin d’utiliser un inhibiteur de la protéase du VIH contre le SARS-CoV-2. Les patients doivent être informés et accompagnés, notamment ceux appartenant à des populations vulnérables auprès desquelles les associations communautaires ont un rôle clé à jouer.

Si les PVVIH ayant des paramètres immuno-virologiques satisfaisants ne semblent pas présenter un risque accru de forme grave de COVID-19, celles qui ont un déficit immunitaire important, des comorbidités ou ayant plus de 65 ans sont suspectées d’avoir un plus grand risque de complications. En cas de suspicion ou de confirmation de COVID-19, face à des signes évocateurs, un test diagnostique par PCR doit être prescrit. Le texte précise également les différentes situations face auxquelles il peut être nécessaire de réaliser un test sérologique chez ces patients. En cas de confirmation du diagnostic, le patient doit être isolé de façon stricte et relève du cadre de prise en charge des patients COVID-19 sans indication d’hospitalisation défini par la HAS ou être hospitalisé en cas de signes de gravité. Le traitements antirétroviral, s’il est efficace, ne doit pas être modifié et les traitements expérimentaux du COVID-19 doivent uniquement être utilisés dans le cadre d’essais cliniques. Attention aux interactions médicamenteuses possibles avec les antirétroviraux, dont le document propose une synthèse.

Enfin, concernant les personnes à risque d’exposition au VIH durant la pandémie de COVID-19, la HAS préconise de s’assurer de l’existence d’une offre de soins adaptée pour la prise en charge des accidents d’exposition sexuelle et de l’offre de prophylaxie pré-exposition (PrEP), déployées dans le respect des mesures de distanciation physique préconisées. Le renouvellement de la PrEP peut être fait par le médecin traitant, le CeGIDD ou le pharmacien sur dérogation jusqu’au 31 mai 2020. Enfin, l’offre de dépistage régulier du VIH, des hépatites virales B et C, et des IST chez les personnes à risque doit rester accessible ou être rétablie en cas d’interruption durant le confinement.