La guérison de la dépression par escitalopram réduit le risque d’un nouvel évènement cardiaque

  • Kim JM & al.
  • JAMA
  • 24 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Des patients ayant été traités 24 semaines par escitalopram pour une dépression après un récent syndrome coronarien aigu (SCA) présentent un taux d’évènements cardiaques majeurs (critère composite MACE) significativement inférieur à celui de sujets traités par placebo à l’issue d’un suivi médian de 8,1 ans : 40,9% vs 53,6%.

  • Ce suivi au long cours concerne les patients de l’étude randomisée EsDEPACS, publiée précédemment, et qui avait montré la supériorité de l’efficacité de 6 mois de traitement par escitalopram sur les symptômes dépressifs versus placebo. Ce suivi avait été pré-spécifié initialement et a été permis par l’existence d’un registre prospectif national des infarctus du myocarde, permettant de récupérer facilement leurs données de suivi.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le pronostic des patients ayant présenté un SCA est grevé par la dépression, mais les études ayant cherché à évaluer si ce pronostic pouvait être modulé par un traitement antidépresseur ont conduit à des conclusions contradictoires (MIND-IT, SADHART, ENRICHD…), sans doute du fait de l’hétérogénéité dans la nature des traitements prescrits, des paramètres d’évaluation ou de la durée insuffisante du traitement ou du suivi. Cette nouvelle étude permet d’obtenir une image de ce qui peut être attendu du traitement antidépresseur sur le pronostic cardiaque après plus de 8 ans de suivi.

Méthodologie

  • L’étude EsDEPACS avait inclus des sujets hospitalisés ayant été diagnostiqués pour une dépression (inventaire de dépression de Beck et test MINI) dans les 15 jours suivant un SCA (durée moyenne 6,3 jours). Les 300 personnes recrutées ont été randomisées entre l’escitalopram (dose initiale 10 mg/j, dose d’entretien 5-20 mg/j) et un placebo durant 24 semaines.

  • Le suivi à 8,1 ans était obtenu à partir du registre national coréen KAMIR. Le critère principal était le taux cumulé d’évènements cardiaques majeurs (critère composite MACE incluant la mortalité toutes causes, les infarctus du myocarde et les interventions coronariennes percutanées). Les critère secondaires correspondaient aux critères MACE pris isolément.

Principaux résultats

  • Après un suivi médian de 8,1 ans, l’incidence cumulée de MACE était de 40,9% dans le groupe escitalopram contre 53,6% dans le groupe placebo (hazard ratio (HR): 0,69 [0,49-0,96], p=0,03).

  • Ce résultat n’était pas modifié après exclusion des sujets sous antidépresseur 1 an après le SCA initial ou après celle des sujets présentant une faible fraction d’éjection ventriculaire gauche (

  • L’analyse des critères MACE pris isolément montrait que seule l’incidence de l’infarctus du myocarde restait statistiquement différente entre les deux groupes (8,7 vs 15,2%, HR: 0,54 [0,27-0,96], p=0,04). Les autres paramètres ne montraient pas de différence statistiquement significative.

Principales limitations

La généralisation des résultats est limitée par le fait que l’étude est monocentrique et menée auprès d’une population exclusivement coréenne.