La gentamicine peut-elle être une alternative à la ceftriaxone en cas de gonorrhée ?

  • Ross JD & al.
  • Health Technol Assess
  • 1 mai 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude britannique suggèrent que la gentamicine ne peut pas être considérée comme non inférieure à la ceftriaxone pour le traitement des gonorrhées, en association à l’azithromycine. Par ailleurs, un taux supérieur d’échec au traitement sous gentamicine a été mis en évidence pour les infections extra-génitales. Ainsi, la gentamicine ne peut pas être recommandée pour remplacer la ceftriaxone en    première ligne de traitement dans ce contexte. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La ceftriaxone est le traitement habituellement utilisé en première ligne. Cependant, des résistances commencent à émerger.

Méthodologie

L’étude G-toG est un essai de non-infériorité, multicentrique, pragmatique, mené en groupes parallèles ayant comparé un traitement par gentamicine avec un traitement par ceftriaxone chez des individus ayant une gonorrhée. Au total, 14 cliniques britanniques spécialisées dans la santé sexuelle ont participé à cette étude. Pour être inclus, les individus devaient avoir reçu un diagnostic d’infection à gonorrhée génitale, pharyngée ou rectale. Ils ont été randomisés pour recevoir une dose unique par voie intramusculaire soit de gentamicine 240 mg, soit de ceftriaxone 500 mg. Tous recevaient également une prise unique d’azithromycine 1g par voie orale.

Principaux résultats

Au total, les données de 306 patients sous ceftriaxone et 358 sujets sous gentamicine ont été analysées. Le délai médian de suivi à partir de la randomisation était de 16 jours. Deux semaines après le traitement, 98% des sujets sous ceftriaxone et 91% de ceux sous gentamicine étaient guéris, soit une différence de risque ajusté de -6,4% [-10,4% à -2,4%], avec une limite de non-infériorité fixée à 5%. 

Ainsi, la gentamicine en dose unique à 240 mg ne s’est pas montrée non inférieure à la ceftriaxone en dose unique de 500 mg pour le traitement de la gonorrhée. Ils étaient 98% sous ceftriaxone et 94% sous gentamicine à être guéris de l’infection génitale à gonorrhée, et respectivement 96% et 80% de l’infection pharyngée et 98% et 90% de l'infection rectale.

Quant à la tolérance, elle s’est révélée être similaire dans les deux groupes bien que la sévérité de la douleur au point d’injection était supérieure pour le groupe gentamicine.

Limitations

De nombreux patients ont eu une réversion de l’infection à l’inclusion, peut-être qu’il s’agissait de faux positifs. Ainsi, ces résultats nécessitent d’être confirmés par une étude de plus grande envergure.  

Financements

Étude financée par la UK National Institute for Health Research.