La fréquence de l’épilepsie est-elle véritablement accrue lors de la grossesse ?

  • Pennell PB & al.
  • N Engl J Med
  • 24 déc. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon une étude prospective multicentrique, la fréquence des crises est plus élevée durant la grossesse qu’au cours des premiers mois de post-partum pour un quart des femmes épileptiques enceintes. Mais cette proportion est la même lorsque l’on compare deux périodes de durée identique chez des femmes contrôles (épileptiques mais hors grossesse).

Il est communément admis que les femmes épileptiques ont un risque supérieur de crises d’épilepsie et de complications pour le fœtus lors de la grossesse. Cependant, les recommandations américaines de l’AAN relatives à l’épilepsie soulignent bien que les données sont insuffisantes pour conclure avec certitude sur le rôle de la grossesse en tant que tel sur ce sur-risque.

Ainsi, une étude multicentrique prospective américaine, nommée MONDEAD, a été menée dans 10 centres de prise en charge de l’épilepsie. Elle visait à comparer la fréquence des crises avec altération de la conscience en période pré-accouchement à celle relevée en post-accouchement, et de les rapporter à celles relevées sur deux périodes de temps successives chez des femmes épileptiques hors grossesse.

Méthodologie

Chez les femmes épileptiques enceintes, la période 1 (de 10,5 mois) recouvrait la période de grossesse et jusqu’à 6 semaines après l’accouchement, des études ayant suggéré que le risque reste supérieur en post-partum immédiat, et la période 2 s’étalait entre 6 semaines et 9 mois après l’accouchement (soit 7,5 mois). Chez les femmes épileptiques contrôles, des périodes 1 et 2 de même durée respective étaient également considérées. Durant chaque période, la fréquence des crises et les modifications thérapeutiques ont été analysées.

Principaux résultats

L’étude a permis d’inclure 351 femmes enceintes et 109 contrôles, parmi lesquelles 85% ont, dans chaque groupe, présenté des crises épileptiques avec altération de la conscience. Les deux groupes de patientes présentaient des caractéristiques démographiques, une typologie des crises et une nature des traitements antiépileptiques utilisés similaires.

La fréquence des crises associées à une altération de la conscience était plus élevée au cours de la période 1 qu’au cours de la période 2, que ce soit chez les femmes qui étaient enceintes (23%) ou celles qui ne l’étaient pas (25%). Ainsi, la différence entre les deux groupes n’était pas significative.

Aucune différence n’a été observée concernant la répartition de la fréquence des crises au cours des trois trimestres de grossesse ou concernant la présentation clinique des crises.

Le taux de femmes qui avaient présenté au moins une crise d’épilepsie de ce type était identique au cours de la période 1, que les femmes soient enceintes ou non (29% et 31% respectivement). Au cours de la période 2 en revanche, ce chiffre était plus élevé parmi celles qui avaient été enceintes (26 % vs 15%).

Parmi celles qui ont présenté au moins une de ces crises, une adaptation posologique a été notifiée au moins une fois durant la période 1 chez 74% des femmes enceintes contre 31 % des femmes contrôles (odds ratio 6,36 [3,82-10,59]).