La fluoration de l’eau aurait un impact sur le QI ultérieur de l’enfant

  • Green R & al.
  • JAMA Pediatr
  • 19 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude prospective de cohorte de naissance canadienne, l’exposition du fœtus  au fluor durant la grossesse aurait un impact sur le QI de l’enfant à l’âge de 3 ou 4 ans. Cette observation a été validée à partir des données déclarées de consommation quotidienne et à partir des mesures du taux de fluor urinaire menées trimestriellement chez la femme enceinte. Ce résultat était significatif chez le garçon, mais pas chez la fille.

Un niveau de preuve croissant...

Le fluor pourrait donc présenter des propriétés neurotoxiques délétères pour le fœtus. Il est d’ailleurs décrit en laboratoire comme ayant la capacité de traverser la barrière placentaire et de s’accumuler dans les régions cérébrales impliquées dans la mémoire et l’apprentissage. Malgré les limitations de ce travail, et le fait que ces données nécessitent d’être confirmées par d’autres études, cette publication confirme de précédents travaux ayant décrit l’association entre le taux moyen de fluor dans l’eau potable et le QI des enfants dans différentes régions du globe. Elle invite à poursuivre les travaux concernant l’innocuité de la supplémentation de l’eau et, le cas échéant, à réinterroger cette pratique.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir de la cohorte de naissance Maternal-Infant Research on Environmental Chemicals (MIREC) menée entre 2008 et 2011. Au sein des couples mères-enfants suivis dans 10 villes canadiennes, ont été sélectionnés 610 couples au sein desquels l’évaluation développementale de l’enfant avait été menée à 3-4 ans d’âge.

Au total, l’association entre le QI et l’exposition prénatale au fluor a été évaluée à partir de la concentration urinaire en fluor (CUF) mesurée à l’issue de chacun des trois trimestres de grossesse pour 369 mères (dont 141 vivant en zones de fluoration de l’eau) ou à partir du déclaratif journalier de consommation de boissons contenant du fluor de 400 couples (dont 238 vivant en zone ou l’eau potable est supplémentée).

Principaux résultats

  • L'âge moyen des mères à l’inclusion était de 32,3 ans, et 52% des enfants étaient des filles.
  • La CUF des femmes vivant dans une zone de fluoration de l’eau était plus élevée que celle des femmes vivant en dehors (0,69 mg/L versus 0,40 mg/L). À 3-4 ans, le score moyen de QI était de 107,16, les filles ayant un score significativement plus élevé que les garçons (109,56 versus 104,61, p=0,001).
  • Il existait une relation inverse entre la CUF de la mère et le QI de l’enfant, ce dernier étant réduit de 4,5 points pour chaque augmentation de 1 mg/L de la CUF. Par ailleurs, les garçons démontraient un QI inférieur d’environ 3 points dans le groupe de ceux appartenant au plus haut quartile d’exposition au fluor par rapport à ceux du plus faible quartile, tandis que la tendance n’était pas observée chez les filles.
  • À partir des déclaratifs quotidiens des mères concernant leurs consommation, une augmentation de 1 mg par jour favorisait une diminution moyenne du QI/L de 3,66 [-7,16 à -0,14] parmi les deux sexes.