La dysbiose intestinale pourrait-elle être à l’origine de la maladie de Crohn ?

  • Brusaferro A & al.
  • J Infect
  • 15 oct. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Plusieurs points clés émergent de cette publication :

  • La maladie de Crohn (MC) résulterait d’un déséquilibre entre les défenses de l’hôte et les facteurs environnementaux.
  • De nombreux variants génétiques influencent le risque de développer une maladie de Crohn.
  • Le microbiote intestinal pourrait être le premier acteur de la pathogenèse.
  • Le développement de la maladie de Crohn chez les enfants pourrait être associé à une dysbiose intestinale.
  • D’autres études sont encore nécessaires pour découvrir des traitements de la maladie de Crohn.

Méthodologie

Cette publication a été élaborée après une recherche de toutes les études publiées entre janvier 2008 et juin 2018 en croisant les termes maladie de Crohn, dysbiose intestinale, microbiote/microbiome et enfant/pédiatrie.

Principaux résultats

La prévalence de la maladie de Crohn est plus élevée en Occident que dans les pays en développement. Si la prévalence est d’environ 0,3% en Europe et en Amérique du Nord, elle n’est que de 20 à 40 cas pour 100.000 personnes en Asie et Amérique du Sud.

Le taux de MC augmente durant l’enfance pour atteindre un pic à l’adolescence. Le phénotype de la maladie chez l’enfant est un peu différent de celui de l’adulte. Si chez l’enfant, les lésions se développent dans la partie iléocolique et le tractus gastro-intestinal haut dans 43% des cas, ces localisations ne sont retrouvées que pour 3% des adultes souffrant de MC. A contrario, les atteintes iléales ou coliques isolées sont moins fréquentes en pédiatrie que chez l’adulte. Dans 30% des cas, du fait de l’absence de douleur, le traitement par immunosuppresseur ou chirurgie n’est pas nécessaire ; mais dans 50% des cas le recours à la chirurgie sera nécessaire dans les deux décennies suivant le diagnostic. 

En général, les enfants ont une évolution plus sévère surtout si les symptômes sont apparus précocement. La MC altère l’alimentation et la croissance du fait des manifestations gastro-intestinales importantes.

Si la pathogenèse de la MC n’est pas clairement établie, certaines données suggèrent un problème de déséquilibre entre les défenses immunitaires et certains facteurs environnementaux, dont le microbiote. La composition définitive du microbiote ne serait atteinte que vers la fin de la 3è année de vie. L’abondance relative de certains phyla à la naissance et durant les premiers mois de vie pourrait fortement différer d’un individu à l’autre, notamment du fait de caractéristiques maternelles (obésité, diabète, eczéma, stress, dénutrition, sur-alimentation…).

Toute une série de variations génétiques pouvant influencer le risque de MC ont été identifiées. Certaines mutations génétiques pourraient altérer la réponse immunitaire aux bactéries du tractus digestif, conduisant à des infections persistantes qui impactent la qualité de la muqueuse et créent ces déséquilibres. Par ailleurs la dysbiose intestinale serait le facteur environnemental le plus fortement associé au développement et au maintien d’une MC. Des études complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre tous ces phénomènes et élaborer des traitements de la maladie de Crohn.