La difficile prise en charge de l’ulcère veineux de jambe en médecine générale


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une enquête francilienne ayant rassemblé les réponses de 111 médecins généralistes montre que 83,8% d’entre eux déclarent rencontrer des difficultés de prise en charge de l’ulcère veineux de jambe. Ils sont mêmes 93,8% à exprimer un souhait de formation sur le sujet.
  • Face aux deux situations cliniques qui leur étaient présentées, ils étaient entre 21 à 28% à ne pas savoir quel pansement préconiser et entre 14 et 22% à prescrire un pansement inadapté.

 

L’ulcère veineux de jambe (UVJ) est une situation clinique fréquente en médecine générale, alors que la formation initiale des omnipraticiens sur le sujet est limitée. En résulte souvent des retards de prise en charge et des surcoûts associés.

En 2018, une équipe de gériatres franciliens a ainsi mené une enquête via un formulaire Internet destiné à 193 médecins généralistes participant à un staff mensuel dans le cadre d’un développement professionnel continu, parmi lesquels 111 ont répondu (trois quarts ayant une activité exclusivement libérale et 58,6% ayant moins de 5 ans de pratique). Les données de cette enquête ont été publiées dans la Revue francophone de cicatrisation .

Un suivi inégal des recommandations de la HAS

Parmi les participants, 83,8% déclarent rencontrer des difficultés de prise en charge de l’UVJ. Ils disent s’adresser principalement à une infirmière (72,7%), puis à un service hospitalier (42,4%) pour prendre un avis, avant d’envisager le recours à un dermatologue libéral, un médecin vasculaire ou un gériatre.

Ils étaient près de 30% à ne pas prescrire de compression veineuse de façon systématique alors qu’elle constitue la pierre angulaire de la prise en charge de l’UVJ selon les recommandations de la HAS. Parmi ceux qui en prescrivaient, ils étaient 39% à privilégier les bandes à allongement long alors qu’elles n’ont pas d’indication dans ce contexte.

Deux situations cliniques étaient présentées aux participants. La première concernait un UJV exsudatif et fibrineux : les médecins étaient 21,6% à ne pas savoir quel pansement choisir et ils étaient aussi nombreux à prescrire un pansement inadapté (tulle, pansements argentés). La seconde concernait un UJV infecté : ici, ils étaient 28,8% à ne pas savoir quel pansement choisir et étaient 14,4% à prescrire un pansement inadapté (hydrocellulaire, hydrofibre).

Globalement, 93,8% des participants exprimaient un souhait de formation sur le sujet. Les auteurs rappellent l’existence d’applications d’aide à la prescription des pansements sur smartphone ou tablettes, utilisés par seulement 1 médecin sur 9 dans cette enquête.