La dépression est-elle plus fréquente chez les sujets souffrant de SII ou de MICI ?

  • Geng Q & al.
  • J Affect Disord
  • 1 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Pour la première fois, une méta-analyse a comparé la prévalence de la dépression chez des sujets souffrant de syndrome de l’intestin irritable (SII) ou d'une maladie chronique des intestins (MICI). Les résultats montrent que si la prévalence de la dépression n’est pas différente entre les sujets qui souffrent de SII et ceux qui souffrent de MICI, il semblerait tout de même que la dépression soit plus sévère chez ceux atteints de SII.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La prévalence de la dépression est élevée chez les sujets souffrant de troubles gastro-intestinaux chroniques. Cependant, les données concernant la prévalence de la dépression chez les sujets souffrant de syndrome de l’intestin irritable ou de maladies inflammatoires des intestins ne sont pas toujours cohérentes. Cette méta-analyse systématique compare les taux et la sévérité de la dépression dans ces deux situations, donnant ainsi une tendance générale au regard des études disponibles à ce jour.

Méthodologie

Revue systématique de la littérature ayant identifié les études publiées jusqu’en septembre 2017, évaluant la dépression chez des sujets souffrant de SII ou de MICI. Les données concernant l’anxiété disponibles dans ces publications ont également été analysées.

Principaux résultats

Au global, 22 études ayant inclus 1.244 sujets souffrant de SII et 1.048 sujets souffrant de MICI ont été retenues pour les analyses. Douze études ont été conduites en Europe, 5 en Amérique du Nord, 4 en Asie, et une en Océanie. L’âge moyen des sujets du groupe SII allait de 37,1 à 54 ans selon les études, et la durée de la maladie entre 2,3 et 10,3 ans. Le pendant chez les sujets souffrant de MICI était de 31,9 à 51 ans et de 8,8 à 15,2 ans respectivement.

Malgré l’absence de différence significative concernant la prévalence de la dépression entre les groupes, les sujets souffrant de SII présentaient des dépressions plus sévères et des symptômes d’anxiété plus fréquents que les sujets souffrant de MICI. 

Le odds ratio de la prévalence de la dépression entre les sujets SII versus MICI était de 1,18 [0,87-1,60], p=0,29 ; la différence moyenne de dépression sévère entre les deux groupes de 0,18 [0,04-0,33], p=0,01, et la différence moyenne d’anxiété de 0,31 [0,14-0,49], p =0,0006. Notons cependant, que la dépression était définie différemment selon les études (HADS ≥10, HADS >7, HDRS >7, CES-D≥16, SDS ≥50 et DSM-III-R).

Les auteurs évoquent plusieurs raisons à ces différents résultats :

  • Le SII est une maladie fonctionnelle pour laquelle les facteurs psychologiques jouent un rôle important, alors que les MICI sont des maladies organiques pour lesquelles les comorbidités psychiatriques pourraient être secondaire à la maladie.
  • La dysfonction de l’axe intestin-cerveau retrouvé dans le SII pourrait impacter les manifestations psychologiques.
  • Dans la plupart des études, la sévérité de la dépression et de l'anxiété a été mesurée par auto-évaluation, ce qui pourrait avoir influencer les résultats.