La dénutrition est-elle favorisée par la localisation du cancer et les symptômes associés ?


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Une étude publiée dans la revue Clinical Nutrition apporte un éclairage sur les risques de dénutrition chez les sujets hospitalisés atteints de cancer et l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire.

La dénutrition associée au cancer engendre une diminution de la qualité de vie, de la tolérance aux traitements, ainsi que de leur efficacité. C’est en ce sens qu’elle favorise la survenue de complications et constitue un facteur de risque important de progression de la maladie cancéreuse et de mortalité. La réduction de l’appétit, les troubles du métabolisme et les effets indésirables liés aux traitements sont les facteurs qui font son lit. Les résultats de l’étude IBNO, menée au Brésil par l’Institut National du Cancer du pays, a évalué la prévalence et les facteurs de risque indépendants de dénutrition chez les patients adultes hospitalisés atteints de cancer. Des données utiles en pratique clinique.

Comment a été évalué l’état de dénutrition ?

Dans l’étude IBNO, l’état de dénutrition a été identifié à partir d’une évaluation nutritionnelle globale subjective (score PG-SGA pour Patient-Generated Subjective Global Assessment). Le questionnaire associé était en partie complété par le patient pour ce qui concerne ses antécédents de poids, l’évaluation de la prise alimentaire, les symptômes ayant un impact sur la nutrition et les capacités physiques et fonctionnelles. D’autres données étaient rapportées par des nutritionnistes qualifiés : la maladie et les besoins nutritionnels en rapports, la perte de graisse sous-cutanée, la fonte musculaire, la présence d’œdèmes ou d’ascite. Ainsi, le patient était classé en sujet bien nourri (stade A), modérément dénutri/dénutrition suspectée (stade B) ou sévèrement dénutri (stade C). Un score entre 0 et 1 ne conduisait à aucune intervention, un score entre 2 et 3 nécessitait l’intervention d’un professionnel pour éduquer le patient et la famille ainsi qu’une intervention pharmacologique selon les symptômes et les résultats biologiques. Un score entre 4 et 8 nécessitait l’intervention de professionnels de santé pour une prise en charge des symptômes. Enfin, un score ≥9 signifiait un besoin critique d’améliorer les symptômes et/ou une intervention nutritionnelle.

Quelle proportion de sujets hospitalisés atteints de cancer serait concernée par la dénutrition ?

Sur les 2.504 patients inclus, 51,4% étaient des femmes, et l’âge moyen était de 56,7 ans. Le score médian PG-SCA de la population évaluée était de 7 [3-15]. Au total, 45,3% des individus étaient suspectés d’avoir une dénutrition ou étaient en dénutrition modérée (stade B (33,5%) ou C (11,8%)), et 45,8% avaient un score ≥9, donc un besoin critique d’une intervention nutritionnelle et/ou d’une prise en charge des symptômes.

Existe-t-il des cancers plus à risque de dénutrition que d’autres ?

Les résultats de l’étude IBNO montrent que le cancer du poumon est très fortement associé à la dénutrition, multipliant le risque par plus de 4 (odds ratio (OR) 4,59 [3,18-6,63], p

Est-ce que la présence de certains symptômes favorise la dénutrition ?

Deux points ressortent des analyses :

  • La difficulté à avaler, l’anorexie, les vomissements, la sensation de satiété rapide, des diarrhées et les nausées constituent par ordre décroissant d’importance les symptômes qui présentent les associations les plus fortes avec la dénutrition.
  • Les patients présentant plus de 3 symptômes de dénutrition semblent plus à risque de suspicion de dénutrition/dénutrition modérée ou de dénutrition sévère (OR 8,34 [5,8-12], p

Évaluation régulière et action concertée…

Les auteurs de l’étude rappellent que « l’étiologie de la dénutrition chez les sujets atteints de cancer est complexe et multifactorielle. Elle peut être influencée par la localisation du cancer, le type de tumeur, le stade de la maladie, les effets indésirables des traitements, le statut socioéconomique, les capacités fonctionnelles du patient, l’impact des symptômes sur la nutrition et la prise en charge nutritionnelle inadéquate ». D’où la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire. Le questionnaire PG-SGA utilisé ici pour évaluer la présence et la sévérité de la dénutrition est largement validé, mais assez fastidieux. La Haute Autorité de Santé (HAS)1, l’Association Francophone des Soins Oncologiques de Support (AFSOS)2 et la Société Francophone Nutrition Clinique et Métabolisme (SFNCM) préconisent d’autres outils plus rapides et simples d’application en pratique clinique quotidienne. Bien qu’essentielle, l’évaluation régulière du patient tout au long de son parcours de soins est une pratique qui ne serait pas suffisamment assurée notamment en ville.